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L'APPUCATION DE LÀ MÉTHODE

OOUBS DE aÉOaBAPHXB.

Pour appliquer à la géographie la méthode intuitive, le professeur, dès sa première leçon, mettra sous les yeux de ses élèves une représentation de la terre, un globe ou une mappemonde et il les exercera à la leotore des cartes. Il leur apprendra, non par une définition abstraite, mais par une démonstration sur la carte, ce que c'est que le globe terrestre; — les pôles et Yéquateur; — les latitudes et les longitudes; ce que Ion entend par océan, continent, île, golfe, cap, isthme, etc. De cette façon, Télève se familiarisera sans effort avec ces termes techniques qui servent d'introduction à toute science.

Quand cette terminologie est connue, on en fait l'application aux cinq parties du monde, à Taide de cartes plus détaillées de chacune de ces parties. Le professeur fait connaître les noms propres donnés aux différentes contrées de la terre et aux différentes mers, en commençant par les noms les plus usuels, et il fera répéter ces noms dans le Manuel.

Il va de soi que le professeur accordera plus de place, dans la suite de ses leçons, à l'ancien monde qu'au nouveau et à l'Europe qu'aux autres parties de l'ancien monde.

En abordant la géographie d'une contrée, le professeur commencera toujours pour en faire connaître la configuration et les divisions naturelles; ce que Ton appelle la géographie physique. Il montrera les frontières naturelles, qui sont les mers, les déserts, les chaînes de montagne, et qui ne doivent pas être confondues avec les fy^ontières poli-

tiques, tels que peuvent Tôire les fleuves, par ex. ; car loin d'être une barrière naturelle, les fleuves forment plutôt un lien entre les contrées qu'ils arrosent, en facilitant les relations entre les riverains.

Le professeur fera ensuite connaître Yorographie du pays et son hydrographie. Il terminera par le climat et les productions, la flore et la faune.

La géographie physique doit donc précéder la géographie politique ; car celle-ci dépend de celle-là. Le rôle historique et le développement des peuples s'expliquent par les conditions physiques où ils se sont trouvées, par la richesse ou la stérilité du sol, par les facilités que la mer ou les fleuves donnent au commerce, etc.

Entre la géographie physique et la géographie politique, Yethnographie formera la transition : elle complète la géographie physique, puisque les races humaines et les nations sont aussi un fait naturel, à la formation duquel les combinaisons politiques sont étrangères, et elle sert de base à la géographie politique, qui nous fait connaître les différents états par lesquels les races et les nations ont passé.

Tandis que la conflguration physique des contrées ne change guère ou que peu, du moins dans le cadre des lois actuelles, les combinaisons politiques ne cessent jamais de varier; les frontières se déplacent, les Etats naissent et meurent dans le cours des générations.

Aussi la géographie politique se divise-t-elle en deux parties, la géographie historique et la géographie actuelle, et dans la géographie historique il y a plusieurs époques à distinguer, l'époque orientale, l'époque grecque, l'époque romaine, le moyen âge, etc.

Non seulement d'une époque à l'autre, la configuration des Etats varie ; mais les mêmes lieux changent de nom ; ce qui s'appelait Celtique chez les Grecs, a été appelé Garde par les Romains, s'appelle la France aujourd'hui; et dans le cours du moyen âge, notre pays que les Romains avaient appelé Belgique, a pris successivement les noms d*Austrasie à Tépoque franque, de Lolharingie à l'époque

féodale, de Pays-Bas depuis le xv^ siècle, pour reprendre le nom de Belgique de notre temps.

Dans quel ordre, ces notions géographiques doivent-elles être présentées à la jeunesse ? D'une part l'étude de la géographie actuelle semble plus pressante, puisqu'elle a une utilité pratique et qu'on a journellement l'occasion de l'appliquer, et d'autre part il est impossible d'aborder l'histoire d'une contrée sans en connaître la géographie historique. En réalité ces deux parties de la géographie seront données forcément à la fois ; c'est un inconvénient auquel il n'y a pas moyen d'échapper. Seulement, pour corriger cet inconvénient, on fera bien de fondre la géographie historique dans le cours d'histoire, et de réserver la géographie actuelle pour la leçon de géographie proprement dite.

Dans la géographie actuelle, on évitera de surcharger l'élève de détails, de noms propres et de chi£Pres, surtout de ces notions statistiques sur la population et sur les industries de chaque ville. Ces notions, qui s'oublient aussi vite qu'apprises, ne sont d aucune utilité réelle et ne sont pas même exactes;. car, en vingt ans, bien des industries se déplacent, et le chiffre des habitants est soumis à des variations encore plus fréquentes.

Quant à la géographie historique, elle peut se fondre d'autant plus facilement avec le cours d'histoire qu'en réalité elle ne comprend que les contrées qui ont eu une histoire. Il n'y a point de géographie historique ni pour l'Amérique, ni pour l'Océanie, ni pour la plus grande partie de l'Afrique.

Le point de départ de la géographie historique, c'est le numde connu des Anciens^ et nous avons vu comment et pourquoi il était si limité (voyez plus haut, p. 103-105). Cette connaissance du monde ne s'est étendue que par degrés, d'abord l'Orient, puis la Grèce, puis, avec Rome, l'Occident. On procédera de même dans l'étude de la géographie historique; on comprendra, dans l'histoire de l'Orient, des notions géographiques sur les peuples orientaux; la géographie de la Grèce précédera l'histoire

grecque, et la géographie historique de TOccident sera rattachée à l'histoire romaine.

Tel est le plan à suivre. Dans l'exécution de ce plan, le professeur ne doit pas cesser de mettre la carte sous les yeux des élèves ; il y indiquera la situation des peuples et des villes dont il parle ; les champs de bataille ; la route suivie par les expéditions militaires, par les invasions ou migrations des peuples, par les croisades, etc. Ce procédé intuitif aide à graver dans Tesprit l'image des pays, et cette image aide beaucoup la mémoire; c'est ce qu'on appelle la mémoire locale. Il n'est pas mauvais non plus que l'élève ait à sa disposition un petit Atlas de géographie historique, dont il s'aidera pour répéter la matière.

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