‹ Traité des études historiquesChapitre 49 sur 55 · II"* PAIT · texte numérisé non relu

II"* PAIT

l4*lilstolre politique du ILVl* •lècle.

Les guerres politiques de Charles-Quint doivent ôtre traitées à part, pour qu'il n'y ait pas de confusion avec les affaires religieuses. François I profita, sans doute, des embarras que le protestantisme causait à Charles-Quint; mais les guerres qui éclatèrent entre ces deux princes, n'ont rien de commun avec l'histoire du protestantisme. Le gouvernement de Charies-Quint dans les Pays-Bas, dans le royaume de Naples et Sicile et en Espagne appartient également à l'histoire politique. Enfin, par l'histoire des guerres des chrétiens contre les Turcs, on rattachera à cette période l'histoire de l'Orient, qu'il faut conduire jusqu'à la décadence de Tempire ottoman.

IIP* FAIT.

Etes découvertes et les conquêtes des puissances européennes dans les Indes orientales

et en Amérique*

Le professeur doit étudier ce fait sous trois rapports :

P sous le rapport économique, quant à l'étendue donnée au mouvement commercial ;

2"^ sous le rapport politique, çn montrant l'influence que ces découvertes ont exercée sur les puissances européennes et sur les rapports qui existèrent entre elles; elles expliquent la prépondérance d'abord de l'Espagne et du Portugal, plus tard de la Hollande et de l'Angleterre;

3** sous le rapport religieux, — et c'est un point presque entièrement négligé dans le cours d'histoire au collège, — en retraçant la propagation du christianisme dans le nouveau monde.

ïï^em s^erres de rell§^on«

£n étudiant les causes de guerres de religion dans chaque pays, on constatera d*abord que partout les protestants ont été le parti agressif, ou du moins partout ils ont, par leurs violences, forcé les catholiques à prendre les armes. Cela ne veut pas dire que les catholiques n'allassent trop loin souvent, et en aucun cas on ne peut excuser ces excès, de quelque côté que ce soit.

D'abord dans l'Angleterre, l'Ecosse et l'Irlande, on constate qu*il n'y a pas même eu des guerres de religion; ce ne furent que de longues et sanglantes persécutions exercées contre les catholiques : d'abord par Henri VIII, qui était tombé dans le schisme; ensuite par Edouard VI, qui introduisit le protestantisme; enfin par Elisabeth, qui acheva d'écraser le catholicisme par la violence. Tout cela est pallié autant que possible par les historiens les plus en vogue, tandis que l'on fait grand bruit des cruautés de la reine Marie, qui n'a fait, pour ainsi dire, que châtier les coupables.

En France, on constate que les guerres des Huguenots commencèrent par l'opposition politique que cette secte puissante et active fit au roi et au gouvernement. Quant à la St-Barthélemy, il faut prémunir les élèves contre l'exagération des auteurs protestants. Le nombre des victimes ne s'élève pour toute la France qu'à 5 ou 6000. Or, dans le massacre d'Orthez seul, 3000 catholiques avaient été tués par les Huguenots ; plus de 4000 prêtres et moines avaient déjà succombé antérieurement dans les différentes provinces de la France. Mais les auteurs protestants 'ne disent rien des massacres commis par leurs coreligionnaires. En tout cas la Saint-Barthélémy ne fut pas un acte religieux, mais un acte politique. Le clergé et l'Eglise y ont été entièrement étrangers.

La Ligue, en principe, n'était pas agressive non plus, 9iais fut conclue entre les catholiques, principalement de

la noblesse, pour la défense de leur religion contre les attaques des protestants.

Dans les Pays Bas, les guerres de religion et la séparation de la république de Hollande, furent l'œuvre de quelques ambitieux, surtout de Guillaume le Taciturne, qui voulait dominer en s*appujant sur les protestants. L'administration du duc d'Albe, souvent signalée comme la cause de ces guerres, ne fut qu'une réaction implacable contre les violences et les cruautés commises par les protestants et les iconoclastes dans toutes les provinces belges avant son arrivée. Le comte d'Egmont est inexcusable pour avoir toléré ces violences sous son gouvernement dans les Flandres.

Dans les royanmes Scandinaves, il n'y eut pas de guerre de religion, parce que le catholicisme y avait été entièrement extirpé et que des lois des plus sévères en défendaient l'exercice. Nulle part l'intolérance ne fut poussée aussi loin au nom du libre examen et de la liberté religieuse.

En regard de ces contrées ravagées par les guerres de religion, il faut montrer la prospérité des Etats catholiques du midi de rSorope, l'Espagne, le Portugal et l'Italie, où les gouvernements réussirent à maintenir la religion catholique contre l'envahissement des doctrines protestantes. Dans ces pays, certes, régnait l'intolérance, mais on était en légitime défense, tandis que dans les Etats protestants il n'y eut qu'usurpation, violence, persécution.

Enfin, en Allemagne, la guerre de Trente Ans fat une guerre politique autant qu'une guerre de religion. La religion avait donné la première impulsion, mais Tintervention des puissances étrangères, des rois de Danemark, de Suède et de la cour de France, en fit une guerre politique, où la religion n'était plus que le prétexte.

L'histoire de cette guerre mérite d'être exposée avec détails par le professeur parce c'est l'événement le plus important dans la première période de Thistoire moderne.

Les suites des guerres de religion furent nombreuses, à savoir :

1^ Elles anéantirent les libertés religieuses et politiques dans presque tous les Etats Européens et elles préparèrent ainsi l'établissement des gouvernements absolus.

2^ Elles affaiblirent singulièrement le principe d'autorité en général et contribuèrent ainsi à faire éclore l'esprit révolutionnaire.

3^ Elles portèrent un coup fatal à la prospérité matérielle de la plupart des Etats, mais notamment de TAUemagne.

4^ Elles diminuèrent l'influence que la religion avait exercée jusqu'alors sur les destinées des peuples et sur la politique.

Celle-ci fut désormais dominée par les intérêts matériels. Un nouveau système politique fut inauguré avec le traité de Westphalie, le système de l'équilibre. Aussi les clauses de la paix de Westphalie, bases de ce système, méritentelles un examen détaillé.

IP PÉRIODE DE LHISTOIRB MODBRNB.

Ejorn rivalités pollUque*»

depuis la paix de Westphalie jusqu'à la premiôre rérolutioii française

Il faut commeocer par définir V équilibre européen, son objet, ses avantages, ses inconvénients. Son objet, c*est de maintenir le statu quo, tel qu il a été établi par les traités de Westphalie, en empêchant l'agrandissement d'un Etat quelconque au détriment des autres Etats. Pour les petits Etats, ce système présente cet avantage de leur garantir leurs frontières et leur existence, en les protégeant au besoin contre les entreprises de leurs voisins plus puissants. Mais ce système a aussi plusieurs mauvais côtés :

P II a engendré une série presque ininterrompue de guerres, puisqu'il autorisait l'intervention des puissances garantes des traités de Westphalie dans les démêlés de tous les Etats.

2^ D'un autre côté, il sanctionna de grandes injustices aussitôt que quelques puissances prépondérantes s'entendaient pour les commettre : par exemple, le partage de la Pologne entre la Russie, la Prusse et l'Autriche.

3^ Le système de réquilibre,en mettant tous les souverains qui voulaient étendre leur domination, aux prises avec la coalition des autres puissances, eut encore cette conséquence, de rendre toutes les guerres générales et d'y impliquer TEurope entière.

Le système de Téquilibre, loin de maintenir la paix entre les différents Etats européens, a donc servi plutôt à augmenter les divisions et à en rendre les suites plus funestes. Ce système reçut un coup mortel par la première révolution française, et il fut anéanti par Napoléon.

Cette période de Thistoire moderne, à cause de la multiplicité des événements, offre une grande difficulté aux étudiants. Il est plus que jamais nécessaire de distinguer entre les faits principaux et les faits secondaires.

Voici Tordre à suivre.

Division de la segondb période :

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