‹ Traité des études historiquesChapitre 52 sur 55 · IV® FAIT · texte numérisé non relu

IV® FAIT

Ija rivalité de la Prusse et de l'A.iitrtcbe*

Les principaux événements que nous avons à exposer sous cette rubrique, sont :

P La guerre de la succession d'Autriche sous Marie- Thérèse ;

2** la guerre de sept ans et le règne de Frédéric II ;

3^ le partage de la Pologne et l'anéantissement de cette monarchie ;

4^ les réformes de Joseph II.

Il est bon avant de traiter cette partie compliquée et assez embrouillée de l'histoire moderne, de mettre en relief les faits saillants pour soulager l'attention des élèves. Voici l'ordre dans lequel il faut traiter ces faits.

P L'Autriche et la Prusse jusqu'à la guerre de sept ans. La décadence de l'empire d'Allemagne date de la guerre de Trente Ans et de la paix de Westphalie. La première a eu pour suite la ruine de la prospérité du pays. La seconde, sa dissolution politique et par conséquent son affaiblissement comme puissance.

L'Empire d'Allemagne est alors remplacé par l'Autriche, qui domine jusqu'à la mort de Charles VI et à l'avénement de Frédéric IL Mais l'Autriche est entravée dans son action par des luttes incessante à l'ouest avec la France sous Louis XIV, à l'est avec les Turcs. Dans le nord, son influence est contrebancée par le rôle que joue la Suède depuis la guerre de Trente Ans.

En Allemagne même, les princes et les villes sont devenus indépendants et ne connaissent plus d'autre politique, que celle de leurs intérêts : la nationalité allemande n'existe plus, et ces Etats secondaires n'hésitent pas à faire cause commune avec les puissances étrangères.

Enfin la Saxe dans le centre, la Prusse dans le nord, et la Bavière dans le midi commencement à se mettre en opposition avec l'Autriche. Les deux premiers Etats deviennent môme dangereux, l'un à la suite de l'avènement, au trône do

Pologne, da prince électeur Auguste II dé Ssixe 1 autre depuis la réunion du Brandenbourg et de la Prusse, suivie de Férection de la royauté dans ce dernier pays par Frédéric I de Brandenbourg. Devenus rois, en éfiet, ces princes se considèrent comme les égaux du souverain de T Autriche.

La guerre de la succession d'Espagfùe, àpfëë la oiort de Charles II, occupa l'Autriche et épuisa ses ressources. Toutefois la paix d'Utrecht augmenta considérablement la puissance de l'Autriche, qui obtint les Pays-Bas, les deu± vastes Duchés de Milan et de Mantoue, par conséquent une notable partie de la Lombardie, et le royaume de Naples et de Sicile. Ce dernier royaume fut toutefois cédé à un prince espagnol en échange des Duchés de Parme et de Plaisance. Malheureusement, l'activité de l'empereur Charles VI est paralysée par l'absence d'un fils : il n'ose pas agir énergiquement, parce qu'il veut assurer la succession à sa fille Marie-Thérèse, en faisant reconnaître par toutes les puissances de l'Europe la pragmatique- saction.

Mort de Charles VI et guerre de la succession d'Autriche. Grande coalition contre Marie-Thérèse, qui n'a pour appui que l'Angleterre et l'aflfection des peuples soumis à son sceptre, les Autrichiens, les Bohèmes et surtout lesHongrois, délivrés par les armes des empereurs du joug des Turcs. La France et la Prusse sont les deux ennemis les plus dangereux de Marie-Thérèse. Le prince électeur de Bavière Charles VII, qui est élu empereur d'Allemagne, n'est qui' uri instrument entre les mains de ces deux puissances. Par bonheur pour Marie-Thérèse, ses deux plus grands ennemis n'avaient pas le môme but. Frédéric II ne voulait qu'agrandir ses Etats par la conquête de la Silésie, tandis que là France voulait l'abaissement de la maison des Habsbourg. D'un autre côté, la France manquait d'hommes d'Etat habiles et énergiques pour faire prévaloir sa politique, car on était sous le règne de Louis XV.

La paix de Breslau termine la première période de la guerre entre Marie-Thérèse et Frédéric II, par la cession àe la Silésie.Z^a paix de Dresde qui termine la seconde période.

est la confirmation de celle de Breslau. — Enfin la paix d Aix-la-Chapelle termine la guerre entre Marie-Thérèse et la France. La guerre de la succession d'Autriche précéda et prépara le deuxième événement, ci-après.

2"^ La guerre de Sept Ans, en effet, est la continuation de la rivalité entre la Prusse et TAutriche. Pour en apprécier les causes, il est nécessaire de jeter un coup d'œil sur l'histoire de la Prusse depuis la fondation du royaume. Frédéric II qui avait joué un rôle important dans la guerre de la succession d'Autriche, se vit menacé dans son existence par une coalition des puissances continentales, l'Autriche, la France et la Russie. Marie-Thérèse ne pouvait oublier la perte de la Silésie et elle parvint à mettre dans ses intérêts la France, ainsi que la Russie : la France, qui voulait effacer les échecs subis en Allemagne pendant la guerre de la succession d'Autriche ; la Russie, qui commençait à craindre la trop grande puissance de la Prusse, dont la prépondérance dans le Nord allait remplacer celle qu'avait exercée la Suède autrefois.

Pour faciliter l'étude de l'histoire de la guerre de Sept Ans, il convient d'abord de la diviser en deux périodes : la première est celle des victoires et succès de Frédéric II. La seconde renferme ses revers, jusqu'à la paix de Paris et de Hubertsbourg. Les succès de Frédéric s'explique d'abord par son génie mihtaire, par l'enthousiasme qu'il sut inspirer à ses soldats, par les efforts héroïques de son peuple; — ensuite parles mauvaises mesures prises par l'Autriche et surtout par la mauvaise conduite de la guerre de la part des Français; — enfin par le concours des Anglais, qui restèrent les alliés fidèles de Frédéric II dans toute la guerre.

En terminant il faut indiquer les changements introduits dans l'Etat politique de l'Europe : le plus important c'est l'entrée de la Prusse parmi les grandes puissances occidentales. La guerre de Sept Ans prépara la troisième événement.

3^ Le Partage de la Pologne fut l'œuvre de trois puis-

sances, la Prusse, la Russie et rAutriche ; mais les deux premières furent véritablement les auteurs de cette grande iniquité politique.

Les causes de ce partage seront indiquées avec soin, à savoir :

1® L'absence d'une dynastie nationale en Pologne;

2** les défauts de son organisation politique, qui avait produit une véritable anarchie : la monarchie était absorbée par une noblesse toute puissante, qui ne respectait plus aucune autorité et rendait tout gouvernement régulier impossible ;

3^ la démoralisation de la noblesse, qui se divisait en factions politiques, et au sein de laquelle les nouvelles idées antireligieuses et antisociales de la France avaient trouvé de nombreux partisans ;

4** l'avantage politique qu'offrait le partage de la Pologne aux deux puissances voisines, la Prusse et la Russie.

Frédéric y voyait un agrandissement nécessaire pour relier son duché de Prusse à son électorat de Brandenbourg. Catherine II y trouvait un moyen d'étendre son influence davantage sur l'Occident. Marie-Thérèse n'y prit part que forcément et contre son gré. La France, travaillée par les idées révolutionnaires, ne fit rien pour conserver la Pologne, et l'Angleterre ne se préoccupait pas d'un remaniement de territoires purement continental.

L'histoire de la Prusse, de la Russie et de l'Autriche est intimement liée aux partages successifs de la Pologne. La Russie en retira le plus grand profit, non seulement à cause de cet agrandissement territorial, mais parce qu'elle fut débarassée de la rivalité du seul Etat slave qui jusqu'alors avait balancé sa prépondérance dans l'Est de l'Europe. Ici nous plaçons l'histoire du règne de Catherine II de Russie, sous laquelle cet événement s'accomplit. C'est elle, en effet, qui inaugura la grande puissance de la Russie, en achevant l'œuvre de Pierre le Grand.

4*" Les réformes de Joseph n terminent Thistoire de l'Autriche à la même époque. Elles ont opéré la transformation

complète de ses Etats et pro toqué la Révolution brabançonne 4 Il est bon de rectifier les idées fadsses que Ton s'est faites de ce prince réformateur. En réalité, rous le couvert des idées de progrès et de lumières, ce prince exerça les plus grandes violences contre l'Eglise, ainsi que contre les institutions les tnieuï établies de ses Etats. Il bouleversa toutes les libertés politiques et religieuses et les remplaça par un gouvernement bureaucratique ert un pouvoir absolu, qu'il exerçait lui-même. On peut terminer cette partie par quelques mots sur le règne de Léopold II, qui précède immédiatement la révolution française.

Ij'bistoire d^s EteC^ du ttldl de PICarop«*

Quatre pays sont à parcourir sous ce titre :

P Le Portugal, juôqu'à son bouleversement par Pombal;

2*^ FEspagne jusqu'à la mort de Charles III et les innovations d'Aranda;

^ les Etatâ du nord de l'Italie : le Piémont et la Savoie (royaume de Sardaigne) ; la Lombardie et la Toscane ; la république dé Venise jusqu'à sa chute ;

4** le royaume de Naples et de Sicile.

Cette partie de Thistoifé moderne offre moins dlntérôt que les précédentes : cependant il est bon d'expliquer la décadence successive de ces deux grandes péninsules, l'ItaHe et TEspagne avec le Portugal. D'abord il est faux de représenter TEspagne et le Portugal comme étant en pleine décadence dés Philippe II. Cest un de ces gros mensonges historiques des auteurs protestants, qui, à force d'être répétés, sont généralement feçus sans discussion, mém^ par les: auteurs catholiques. Les protestants ont intéi^t à faire croire à la décadence des pays catholiques en généra, à laquelle iTs opposent la prospériHé îtmjmTÈ cri^i^ante des Etats protestante du Ndrd.

Le Portugal, dont la prospérité arait sans doute beaucoup soutferf de sa reunion avec TEspagne, se releva et jouit d*une longue période de bonheur pendant les règnes de Pedro II et Jean V, période qui dura presqu'un siècle entier (1667-1750). Les causes de sa décadence sont : d*abord les richesses métalliques importées dû Brésil, qui arrêtèrent l'activité de la nation; ensuite le traité Methuen^ qui livrait en grande partie le commerce du pays entre les mains des Anglais ; enfin les idées politiques nouvelles introduites en Portugal par Pombal, qui fit prédominei' les mêmes principes que ceux de Joseph II, omnipotence de TEtat, abaissement de TEglise, système bureaucratique et centralisation.

Sn Espagne, la décadence avait été plus rapide : d'abord^ à cause de la guerre de Trente Ans, à laquelle l'Espagne avait pris part; ensuite par la séparation du Portugal, par la rivalité commerciale des Anglais et des Hollandais, qfii firent tort au commerce espagnol ; enfin par la minorité et la faiblesse de caractère de Charles It et l'extinction de la dynastie des Habsbourg à la mort de ce prince. La guerre de la succession affaiblit l'Espagne, qui perdit une partie de ses plus belles provinces, notamment les Pays-Basf et toutes ses possessions italiennes. Le royaume de Naples et de Sicile revint plus tard aux Bourbons d'Espagne, mais comme royaume indépendant. Le règne de Charles III achève la décadence de l'Espagne grâce au ministère d^Aranda, qui bouleverse toutes les institutions.

En Italie, il faut distinguer le nord du midi. Dans le Nord trois puissances établissent définitivement leur suprématie : c'est l'Autriche dans la Lombardie et le duché de Toscane; la maison de Savoie, qui parvint à réunir le Piémont et la Sardaigne et à fonder ainsi le royaume de Sardaigne, et la république de Venise. Cette dernière^ très poissante à la fin du quinzième siècle, où elle était presque Tarbitre de l'Italie, commença à décliner depuis le seizième siècle, à la suite des conquêtes des Turcs ottomans et du déplacement du courant commercial, qui se dirige ou vers l'Amérique ou vers l'Inde par le cap de Bonne-Espérance.

Quant au royaume de Naples et de Sicile, il n'a pour ainsi dire pas d'histoire, tant il est sans influence, faisant d*abord partie de la monarchie espagnole, ensuite des Etats d'Autriche. C*est seulement dans la première moitié du xym* siècle, que Tindépendance est rétablie sous une branche des Bourbons d'Espagne.

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