C. Structure de la terre (géologie
La structure de la terre est l'objet de la géologie. Elle n'est connue que pour une petite partie ; car les profondeurs auxquelles on est parvenu dans l'examen du sol, sont imperceptibles en les comparant à la masse du globe terrestre. Ces profondeurs sont ou naturelles (cavernes, grottes) ou artificielles (carrières, mines).
1® Cavernes et grottes.
Dans divers endroits de la terre, la nature a elle-même ouvert le sol en y formant des fentes et des cavités. La plupart de ces cavernes se trouvent dans les roches calcaires : là se forment, par Tégoûtement d'une eau impreignée de matière calcaire, cette variété de figures, dans lesquelles l'imagination croit reconnaître toute espèce de végétaux, d'animaux, de colonnes, etc. et qu'on appelle stalactites. D'autres cavernes sont volcaniques, formées par d'anciens volcans. A celles-ci appartiennent probablement
aussi les cavernes de basaltes, où la voûte est soutenue par de nombreuses colonnes naturelles de cette pierre noire et lisse.
Plusieurs de ces cavernes renferment des lacs ou sont traversées par des cours d eau.
2<> Terrains et fossiles {paléontologie).
Dans la description de la structure de la terre, les géologues distinguent un premier massif ou terrain primitif et des couches superposées, qu'ils appellent étage, systèmes, terrains de sédiment. Au premier massif, ils attribuent une origine ignée (système plutonien) ; aux couches superposées une origine aqueuse (système neptunien). Le premier massif est formé des roches les plus dures, tandis que les couches superposées sont d'autant plus meubles qu elles sont plus récentes. Ces roches sont le porphyre, le granit, la syénite, etc. Ce terrain primitif toutefois ne se trouve pas seulement dans les profondeurs de la terre ; il se rencontre parfois à de grands hauteurs» dans les rochers des montagnes : on l'explique par le soulèvement des montagnes qui, à la suite d'une poussée intérieure, se sont élevées subitement et ont percé les couches supérieures du sol. La disposition de celles-ci sur les flancs de ces montagnes vient à l'appui de cette explication (Ëlie de Beaumont). Ces terrains primitifs ne contiennent pas de traces certaines de la vie (azoïque), tandis que aux terrains de sédiment sont mêlés de nombreux débris d'espèces végétales et d'espèces animales. Ces espèces, les unes éteintes, les autres actuelles, les unes et les autres fossiles, font l'objet de la paléontologie.
Les couches sédimentaires superposées au terrain primitif sont divisées par les géologues en trois époques, à savoir :
1^ Les terrains primaires (appelés aussi de transition), caractérisés par des roches métamorphiques, marbres, micachistes, etc., par une végétation fossile puissante (formation de la houille), par des espèces animales éteintes, poissons et crustacés (trilobites) ;
i^ Les terrains secondaires, caractérisés par des couches de calcaire
et de craie, par une végétation moins puissante, par des espèces éteintes de reptiles amphibies.
4<> Les terrains «eriiaires, qui sont Séparés des précédents par la couche crétacée, et caractérisés par des argiles, mêlés aux sables, par ]*apparition des espèces actuelles, végétales et animales (en particulier des mammifères) mêlées à des espèces éteintes (mastodonte, dinothérium). Voir les Iraités de géologie*
L*époqne actuelle (appelée aussi quaternaire) en géologie est celle dont Thomme est contemporain. Cette époque s'ouvre par une période diluvienne^ caractérisée par des conditions climatériques spéciales, par des alternatives plus fortes de chaleur et de froid ; à la chaleur on attribue des vapeurs plus abondantes, que le froid a condensées sur les montagnes; de là \%s glaciers^ dont la formation appartient à cette période (appelée aussi glaciaire), et qui avaient à l'origine une extension plus grande qu'aujourd'hui : les blocs erratiques le démontrent. De là aussi la distribution différente des espèces végétales et animales (le renne, le lion, l'hippopotame), espèces qui étaient les mômes qu'aujourd'hui, à peu d'exception près (le mammouth).
Aux formations actuelles appartiennent les tourbières^ les deltas des fleuves, les alluvions, qui sont de formation aqueuse; les dunes, de formation atmosphérique (p. 25); les laves et les cendres, de formation ignée ou volcanique.
D. Des yolcans et des tremblements de terre.
Il y a plusieurs espèces de volcans : des volcans en activité et des volcans éteints ; il y a aussi des volcans intermittents, qui passaient pour éteints, et qui après des siècles d'intervalle sont rentrés en activité.
Parmi les volcans en activité, on distingue les volcans sous-marins et les montagnes volcaniques , qui tantôt sont isolées et tantôt forment chaînes.
Les matières rejetées par les volcans sont d'abord des vapeurs d'eau, puis des gaz (chlorures et sulfures volatilisées) ; puis des laves liquides ; des matières sèches : cendres
ou sables volcaniques, scories et graviers volcaniques; quelquefois des blocs solides, détachés probablement des parois internes du volcan. La composition assez uniforme des matières volcaniques fait présumer qu'elles proviennent de la masse encore liquide du globe ; car là seulement peut s'opérer ce mélange uniforme des divers éléments.
Les éruptions volcaniques sont accompagnées d'une commotion du sol environnant ; aussi est-on porté à rattacher à cette classe de phénomènes les tremblements de terre.
Les uns et les autres se produisent en tous les temps et sous toutes les latitudes. Partant, ils ne peuvent provenir que d'une cause interne, agissant dans le sein de la terre; mais on ignore à quelle profondeur.
§ II. — Les eaux.
A. L'océan bt les phénomènes qui s*t rattachent.
L'eau se présent» à la surface de la terre sous trois formes différentes, comme liquide, comme solide ou glace, comme gaz ou vapeur.
Sous la forme liquide, l'eau recouvre la plus grande partie de la terre, à peu près les trois quarts de la surface totale. La surface immergée, prise dans son ensemble, s'appelle l'Océan.
L'Océan est formé de deux grands bassins séparés du nord au sud par TAmérique. D'un côté de l'Amérique, se trouve Vocéan Atlantique^ de Tautre côté, Vocéan Pacifique, appelé aussi le Grand Océan. Ces deux Océans sont reliés au nord par Vocéan glacial Arctique, au sud par Vocéan glacial Antarctique. A chacun de ces océans, se rattachent un certain nombre de mers et de golfes ; à l'océan Pacifique, la mer de Chine, la mer des Indes (ou océan Indien) avec le golfe Persique et le golfe Arabique, A l'océan Atlantique, la mer des Antilles, le golfe du Mexique, le golfe de Guinée et les mers européennes (sroir Ténumération dans les Géographies élémentaires).
Il y Q aussi des mers intérieures, qu'il est quelquefois difficile de distinguer deb lacs : cotte distinction doit dépendre non de l'étendue que ces eaux intérieures recouvrent, mais de leur nature, eaux douces dans les lacs (voir plus loin, p. 35), eaux salées dans les mers [mer Caspienne^ mer dCAral^ mer Morte),
Cette masse d'eau qui entoure le globe n'est pas inutile. C'est elle qui entretient la vie sur la terre. Par son évaporation, elle alimente les eaux courantes, elle rafraîchit et humecte l'air ; elle décompose et engloutit les débris du règne animal et végétal ; elle sert de communication aux
nations les plus éloignées ou séparées par des chaînes de montagnes et des déserts.
Proftndeiir de la mer. Le fond de la mer ou la terre immergée présente les marnes inégalités que la terre émergée : de là des profondeurs variables, parfois très grandes, que nous ne pouvons mesurer avec nos instruments, mais qui ne sont pas incommensurables. On est arrivé par les sondages les plus récents à cette conclusion que la plus grande profondeur ne dépasse pas 8500 mètres (à peu près la hauteur des plus hautes montagnes) et que la profondeur moyenne est de 4.000 mètres.
Niveau. La mer a le môme niveau à peu près partout : il ny a que dans les golfes et les mers intérieures où l'action des vents, les marées et le déchargement des fleuves plus abondant à certaines saisons peuvent hausser ce niveau.
l*' Propriétés physiques de la mer.
Nature de l'eau de mer. L*eau de mer est salée ; moins à la superficie qu'au fond ; moins vers les pôles que sous l'équateur. L'amertume diminue avec la profondeur, et provient en partie des matières végétales et animales en suspens dans les couches supérieures. Cette salure est nécessaire pour que l'eau ne se corrompe pas au mélange de ces matières. La véritable couleur de l'eau de mer est un bleu verdâtre ; l'état de l'air et de l'atmosphère apporte des changements apparents dans cette couleur (bleu, jaunâtre, noir, etc.).
Phosphorescence de la mer. Ce phénomène qui fait apparaître la mer comme un lac de feu, étincelant à la moindre ondulation, à chaque coup de rame, s'explique par la présence d'une masse de petits animaux, les vers luisants de la mer, lesquels de temps en temps viennent à la surface. Il parait qu'il y a plusieurs espèces d'animaux marins qui laissent échapper des lueurs phosphorescentes.
Température. L'eau de mer est un mauvais conducteur du calorique : sa température ne change donc que très lentement; en outre, les rayons du soleil ne pénètrent pas très profondément. A une certaine profondeur l'eau de mer n'est cependant pas gelée ; sa température quoique basse subit sans doute l'influence de la chaleur intérieure de notre globe. Sous l'action du froid les glaces de mer se forment aux deux pôles : au pôle nord, à 70^ degrés les glaces flottantes et à socles glaces fermes; au pôle sud, déjà à 60^ les glaces flottantes et à 70^ les champs de glaces. Les chaleurs de l'été les fondent en partie, et les courants les entraînent vers l'équateur.
2° Les mouvements de la mer.
Les marées. Les marées, oscillations périodiques et régulières, sont produites par l'attraction exercée sur notre globe par la lune et le soleil. La lune, qui, par la rotation de la terre autour de son axe, fait en 24 heures le tour du globe, attire à elle les eaux des grands océans. Mais tandis que la lune attire les eaux de l'hémisphère au-dessus desquelles elle se trouve, les eaux se trouvant sur l'hémisphère opposée sont moins attirées par le centre de la terre ; elles restent en arrière. Il se forme donc deux gonflements liquides des deux côtés du globe. Ainsi en 24 heures les eaux de chaque hémisphère s'élèveront et s'abaisseront deux fois, les marées hautes et basses se suivant de 6 en 6 heures. La lune pivotant dans le plan de l'écliptique, les marées seront presque nulles vers les pôles.
Dans les mers inté/ieures où la masse d'eau n'est pas assez grande, il n'y a pas non plus de marées (Méditerranée, mer Noire, Baltique).
L'action du soleil est moins considérable sur la mer, mais elle se fait sentir pourtant, et en se combinant avec celle de la lune, tantôt elle augmente la hauteur de la marée, quand les deux astres sont sur le môme plan, tantôt elle diminue cette hauteur, quand ces astres sont sur des plans différents.
— salies courants maritimes. Il y a deux mouvements dans rOcéan : le premier porte les eaux des deux pôles vers Téquateur ; le second, qui est propre aux eaux dans les tropiques, près de Téquateur, les porte de TOrient vers rOccident .
A. Gourants polaires. Les mouvements qui .déterminent les deux courants des pôles vers Téquateur, ont leur cause dans le dégel des glaces des pôles qui donne une surabondance d'eau aux mers polaires, tandis que Tévaporation plus forte de Teau dans la zone torride y diminue la masse deau. Ces courants tendent donc à rétablir l'équilibre rompu .
B. Courant éqnatorial. Ce courant est le résultat des courants polaires, de Tévaporation des eaux par la chaleur et de la rotation de la terre de TOuest vers l'Est, donc dans un sens opposé à ce courant. Voici comment : Tévaporation fait un vide, qui est rempli par les courants polaires; mais l'eau venant des pôles a une pesanteur plus grande que l'eau de l'équateur; en outre cette eau n'a pas la môme vitesse que celle-ci, parce que le mouvement de rotation est moins fort aux pôles qu'à l'équateur. L'eau qui arrive ainsi dans la mer équatoriale, reste en arrière de la rotation de cette partie du globe, qui tourne de l'Ouest à l'Est. Il y a donc un mouvement opposé, de l'Est à l'Ouest.
Tous les autres courants le long des côtes de l'ancien et du nouveau monde sont déterminés par ces deux mouvements généraux, et modifiés par les obstacles que ces courants rencontrent sur leur route.
B. De la répartition des eaux sur la terre ferme (hydrographie).
Les eaux n'entourent pas seulement les trois quarts du globe ; mais elles sont encore réparties sur là surface émergée sous forme de glaciers, de sources, d'eaux cou-
rantes et de lacs. De plus la terre en renferme dans son sein sons forme de nappes souterraines et de veines d'eau. Une couche plus ou moins épaisse d'argile recouvre ces lacs souterrains. De là, les puits artésiens ; les sources d*eau douce dans la mer elle-même; les éjections d'eau bouillante par les volcans.
Ces eaux sont douces, par opposition à Teau salée de rOcéan. Ces eaux sont cependant très difiFérentes selon les mélanges qu elles contiennent : ainsi l'eau de pluie ; l'eau des rivières; l'eau des fontaines. Il faut y ajouter les eaux minérales, qui sont salines^ ferrugineuses, sulfureuses ; les eaux pétrifiantes, qui transforment en pierre les substances organiques; les eaux incrustantes, qui enduisent d'une couche minérale les objets.
Les eaux douces n'en sont pa^ moins originaires des eaux do l'Océan ; mais elles en proviennent indirectement, après avoir passé par l'état gazeux, sous forme de vapeurs, qui «e condensent et retombent sur la terre.
10 Des glaciers.
Dans les glaciers l'eau se présente sous la forme solide : ils se forment sur les hautes montagnes, par suite de l'attraction que leurs sommets exercent sur les vapeurs en suspens dans l'atmosphère et par suite du froid qui règne à ces hauteurs. Les neiges perpétuelles ont la même origine. Ces glaciers et ces neiges constituent de grands réservoirs qui alimentent, par leur fonte, les sources, les cours d'eau et les lacs.
2^ Des sources.
Les sources doivent leur origine et leur entretien soit aux nappes d eau souterraines (sources jaillissantes), soit à l'infiltration à travers le sol tant des eaux pluviales que des eaux provenant des glaciers.
3*^ Les eaui courantes.
BmBfieaux, torrents, rivières, fleuves sont les noms donnés aux eaux courantes. Elles proviennent soit des eaux pluviales^ soit des sources, soit des glaciers^ soit des lacs. La cause de Técoulement des eaux est d*abord la pente du terrain; mais plus tard quand Timpulsion est donnée et surtout lorsque la quantité d'eau est grande, les fleuves coulent môme avec une pente presque insensible. Uensemble des versants^ des rivières, des ruisseaux et du fleuve qui les reçoit, s'appelle un bassin hydrographique. Les lits des fleuves ont été formés par la môme révolution du globe qui a produit les montagnes ; ils ne sont nullement le résultat de l'action des fleuves, qui tantôt approfondissent leur lit, tantôt les exhaussent en déposant dans le fond des mousses, des terres, des sables et des pierres.
Les cataractes ou cascades se forment par un change* ment subit du terrain que traverse le courant; ordinairement des rochers, quelquefois une pente très rapide (on a souvent exagéré la hauteur de ces cascades ou chutes d'eau). Les i^rues périodiques de quelques fleuves et leurs débordements à la suite de ces crues sont le résultat de pluies périodiques. Il y a des fleuves qui n'ont pas d'embouchures, mais qui se perdent dans les sables ou des marais; les eaux sont alors absorbées soit par l'évaporation, soit par l'infiltration dans le sol.
Certains fleuves se .perdent sous terre; les uns se déchargent dans des lacs souterrains ; les autres reparaissent plus tard (la perte du Rhône), après avoir traversé des cavernes on fentes.
A leur erabouc&ure dans la mer^ les fleuves rencontrent souvent un obstacle dans les marées montantes de la mer. U en résulte que les eaux de la rivière sont souvent refoulées par la marée (barres d'eau). D'autres fleuves forment à leur embouchure des bancs de sables ou y déposent du limon et de la terre» ce qui donne un accroissement constant de la côte.
L'importance des fleuves dépend de l'étendue de leur bassin hydrographique. En Europe, les plus importants sont les fleuves de la mer Caspienne : le Volga, (3,800 kilomètres) et V Oural \ viennent en second lieu les affluents de la mer Noire : le Danube (2,800 kilomètres), le Dnieper, le Dniester et le Don (Tanaïs) ; le Rhin ne vient qu'en septième ligne (1,350 kilomètres). — En Asie, le plus important est le fleuve bleu ou Ta- Kiang et le fleuve jaune ou Hoang-ho de la Chine (plus de 4,000 kilomètres); puis viennent les tributaires de l'océan Glacial (plus de 3,000 kilomètres) : VOM, la Lena, Vlénisséi; et les affluents de l'océan Pacifique : le Cambodge et V Amour; en troisième ligne, les fleuves de l'Inde : Vindus, le Brahmapoutre et le Gange. — L'Amérique compte deux grands fleuves : le Mississipi dans l'Amérique du nord (5,200 kilomètres) et V Amazone dans l'Amérique du sud (4,900 kilomètres). ~ L'Afrique en compte quatre : le Nil et le Niger (environ 5,000 kilomètres), le Congo (plus de 4,000 kilomètres), le Zambêse (environ 3,000 kilomètres).
4° Lacs.
Les lacs sont des réservoirs d eau qui ne communiquent pas directement avec la mer. Il y en a quatre espèces différentes :
A. Les lacs sans écovlemeni et qui ne reçoivent pas d'eaux courantes ; ils sont de peu d'importance.
B. Les lacs ayant un écoulement, mais qui ne reçoivent pas d'eaux courantes. Ces lacs ne sont nourris que par une ou plusieurs sources, ou par les eaux pluviales qui descendent des pentes environnantes.
C. Les lacs qui reçoivent des rivières et qui n'ont pas d'écoulement, mais dont les eaux sont absorbées soit par infiltration dans le sol, soit par évaporation.
D. Les lacs qui reçoivent et qui émettent des eaux courantes. Ce sont des réservoirs qui, outre les eaux courantes, sont encore nourris par des sources propres. C'est le plus grand nombre des lacs (le lac de Genève, le lac de Constance); ces lacs ne sont pas traversés par les fleuves, mais il les reçoivent et en émettent.
T. es plus grands lacs du globe sont dans l'Amérique du nord : les lacs ir, Huron, Michigan, Erié, Ontario ; — dans l'Afrique centrale, Victoria Nyansa, Albert Nyansa, Tanganika, Tsad et Nyassa.
§ III. — L'atmosphère (météréologie).
Eatmosphère^ cet océan céleste, est un vaste assemblage de divers fluides qui enveloppe notre globe. C'est le grand laboratoire de la nature, où les fluides qui s'élèvent de la terre sont rassemblés, distillés, décomposés, condensés. Les phénomènes qui s'y passent font Tobjet de la météorologie.
Les fluides atmosphériques se divisent en trois classes : l'air proprement dit , les vapeurs d'eau et les fluides aériformes.
P L'air : Tair se compose de plusieurs gaz dans des proportions différentes ; ordinairement il y entre deux substances : le gaz oxigène et le gaz azote ; le premier seul est propre à la respiration et entre dans le procès vital du règne végétal et du règne animal.
L'air n'a pas de couleur; il est à proprement parler invisible; mais il a deux qualités, la pesanteur, qui est prouvée par l'ascension des liquides dans le vide (pompe ; baromètre) ; et t élasticité ou la qualité qu'a l'air d'être compressible. La chaleur dilate ]'air ; le froid et l'humidité (celle-ci en absorbant une partie de son calorique) le contractent; de là les fluctuations du baromètre.
2** Les vapeurs d'ean : l'air est presque toujours plus ou moins chargé de vapeurs, produites par l'action de la chaleur sur l'eau et surtout sur la terre imbibée d'eau.
3^ Les flnides aériformes, qui sont encore mélangés à l'air, sont de diverses sortes : les principaux sont t acide carbonique, t acide sulfureux et stdphydrique, qui se dégagent de la terre, des volcans, des végétaux, des matières organiques en décomposition, etc.
Les phénomènes qui se passent dans l'air ou météores^ sont ou aqueux ou optiques ou électriques ou aériens.
Nous ne parlons pas ici des étoiles filantes, bolides, aérolithes, qui sont rangés parmi les météores, mais qui sont étrangers à la géographie.
l*' Des météores aqueux de Tatmosphére.
Les phénomènes aqueux sont de deux espèces, ou suspendus dans Tair, comme les nuages et les brouillards, ou tombant à terre, comme la rosée, la pluie, la neige, la grêle.
Les nuages et les brouillards ne se distinguent entre eux que par la pesanteur, et de là par leur distance plus ou moins grande du sol : ils sont le résultat de l'action de la chaleur et du froid; le froid condense les vapeurs d'eau en suspens dans l'air au point de les rendre visibles ; la chaleur les élève plus ou moins haut au dessus du sol.
Lélectridté n'est pas étrangère à l'élévation subite et très grande et à la descente rapide des nuages (opposition des deux sortes d'électricité, positive et négative).
Les brouillards sont ou secs ou humides : ces derniers n'existent presque pas dans la zone torrîde, parce que la chaleur élève les vapeurs.
L'origine et la nature ^es brouillards secs ne sont pas éclaircies ; on les a mis en rapport avec les éruptions des volcans. Ils ont une forte odeur et sont plus jaunâtres que les brouillards humides*, qui sont blancs.
La rosée. La rosée est produite en jpartie par la transpiration des plantes, mais surtout par la précipitation des vapeurs pendant la nuit. L'électricité exerce une grande influence ; de là les abondantes rosées en été après des jours très chauds, pendant lesquels l'air a été très chargé d'électricité.
La gelée blanche n'est qu'une rosée congelée immédiatement après être tombée.
La plue. La pluie est produite par la condensation des Tapeurs aqueuses, suspendues dans Tair en forme de nuages. Cette condensation rend ces vapeurs trop pesantes, et elles tombent en forme de gouttes. La condensation est pr-oduite par l'action de la température et par Télectricité.
La grêle n'est que de la pluie ou des gouttes gelées ; l'électricité en est la principale cause.
La neige se forme par la congélation et la cristallisation des vapeurs aqueuses soit dans l'air, soit en tombant; les flocons ne sont que la réunion de plusieurs de ces cristc^u:^ qui se forme par l'action du froi().
2® Météores optiques.
Ces phénomènes se produisent par le contact des rayons solaires ou de la lumière avec l'atmosphère.
Ces phénomènes dépendent de deux causes :
P de la réfraction^ qui fait dévier les rayons solaires de la direction droite : cette déviation est différente pour les différents rayons lumineux, qui sont au nombre de sept : rouge, orange , jaune, vert, bleu, indigo et violet; elle provient du passage de la lumière d'un milieu plus rare dans un milieu plus dense ;
2* de la réflexion, qui est l'action dé réfléchir, c'est-àdire, d'arrêter et de renvoyer les rayons de lumière.
Voici les divers phénomènes qui sont le résultat de ces deux causes :
Le oréposoule et Taabe, en vertu desquels la lumière se répand, avant que le soleil ait dépassé Thorizon, ou continue à éclairer, après que cet astre lumineux a disparu sous l'horizon. C'est par la réfraction qu'on voit le soleil même quelque temps avant son lever ou après son coucher.
Les parhéUeB ou faux soleils, dont on remarque plusieurs à côté du soleil ; c'est la réflexion de l'image du soleil dans
l'atmosphère. De môme pour les parasélènes ou fausses lunes.
L'aro-en-oiel, produit par la décomposition des rayons solaires, réfractés dans des gouttes d*eau en suspens dans Tair et réfléchis sur un nuage obscur comme sur un fond.
L'apothéose des voyageurs^ image de personnes placées sur une montagne très élevée, se reflétant dans les nuages.
Le mirage : ce sont des illusions optiques qui font apparaître des objets qui ne se trouvent pas dans l'horizon ou qui s'y trouvent dans une autre situation : des rochers et des bancs sous l'eau, des navires renversés, des vues de palais, de villes, de maisons, etc.
La lumière zodiaoale, qui se présente après le coucher du soleil comme une lumière blanchâtre en forme de lentille, ayant sa base vers le soleil et son axe dans le zodiaque.
3® Météores électriques.
Parmi ces phénomènes, les plus remarquables sont :
La foudre et le tonnerre. C'est la rencontre des deux électricités opposées, positive, qui prédomine dans les nuages, et négative, dont la terre est surtout chargée. Cette rencontre a lieu quand soit le nuage soit le sol est surchargé d'électricité; alors il y a une décharge de Tun vers l'autre ; de là la foudre descendante ou ascendante. Le tonnerre n'est que le bruit qui accompagne cette décharge.
L'aurore boréale, qui se montre également vers les deux pôles, et qui est un efiet de l'électricité de la terre.
Le magnétisme terrestre, courant électrique qui a une direction constante vers [les pôles, et qui entraine, dans
cette direction, les aiguilles aimantées : c'est la base de la boussole (à côté de cette direction constante, nommée inclinaison^ il 7 a des variations périodiques ou déclinaisons).
4^ Des mouvements de Tatmosphère ou des vents (météores aériens).
Le mouvement qu'éprouve l'atmosphère, a pour cause unique une rupture de l'équilibre, qui doit nécessairement se rétablir selon les lois communes à tous les fluides.
L'équilibre dans l'atmosphère est nécessairement rompu par un changement de température qui produit une dilatation ou une condensation, l'une et l'autre produisant un vide, que l'air tend à remplir. Le déplacement rapide d'une masse d air s'appelle vent.
On distingue les vents constants et les vents variables.
A. Les vents constants. Il y a deux mouvements constants dans l'atmosphère : l'un dans la zone torride, qui porte l'air de l'orient vers l'occident, ce sont les vents alizés ; l'autre dans la zone tempérée, qui porte l'air des pôles vers l'équateur. Ces deux courants atmosphériques ont les mômes causes et suivent les mômes lois que les courants maritimes,' dont il a été question plus haut. Ils ont pour causes la dilatation de l'air par la chaleur sous l'équateur, et le mouvement plus lent de l'air venant des pôles pour remplir le vide, comparativement au mouvement de l'air sous l'équateur.
B. Les vents variables. Le mouvement irrégulier de l'atmosphère dépend d'une foule de causes : la conformation du sol, des montagnes couvertes de neiges et de glaces, des vallées profondes ou des gorges, des plaines couvertes de sable ou de marais ; tout ce qui peut agir sur la température : les saisons, le jour et la nuit, etc. (brises de mer, brise de terre, brise des montagnes, etc.) ; Y électricité, qui produit les trombes, les ouragans. L'attraction de la lune est encore une cause des mouvements de l'atmosphère.
5^ De la tempérakire de fatmosphôre et des climats.
Les causes qui exercent de riufluence sur la température sont au nombre de neuf.
1 . L* action du soleil sur V atmosphère est la principale de ces causes. Mais les rayons solaires n agissent pas d'une manière égale sur les couches différentes de l'air qu'ils traversent. Cette action dépend en outre de la direction plus ou moins oblique des rayons solaires qui frappent la terre, et de la réfraction qu'éprouvent ces rayons en traversant les couches de l'atmosphère. Enfin elle dépend de la duréç du temps que le soleil passe au-dessus ou en dessous de l'horizon.
2. La chaleur intérieure du globe. Cette chaleur est transmise avec plus ou de moins de facilité par les diverses espèces de sol.
3. Vaititude du terrain ou son élévation au-dessus du niveau de la mer^ Le froid augmente dans une progression très rapide avec l'élévçttion. Cette différence provient de la raréfaction de l'air,
4. La pente du terrain^ et son exposition vers les poini.s cardinaux.
5. Vorientation des montagnes ou leur position relativement aux points cardinaux : les montagnes attirent le3 vapeurs et opposent une barrière aux vents (action du froid et des vents dans les plaines ouvertes; chaleur étouffante dans les vallées et les gorges).
6. Le voisinage de la mer^ qui r^Q(| \^ çlit^at plus doux et empdche une variation trop forte de la température.
7. La nature géologique d'^ sol^ sablonneqi^, maréc£^^i}.i(, pierreux, volcanique.
8. La culture et la population : par le travail de ThooiiQ^, les rivières sont reléguées dans leur \\\ ; le^ marais de^sér ol)és ; le» forêts éclaircies ; le sol creusé, remué et assaini, etc.
9. Les vents qui régnent habit uelleçaent, et qui d^peiid^jat des diverses circonstances relatées plus haut.
Les einq zones et leur climat. La température de l'air varie d'après la latitude, ce qui s'explique surtout par la direction oblique ou verticale des rayons du soleil. Il en résulte que les pays situés à la môme latitude ont une température semblable, quand celle-ci n'est pas modifiée par les autres causes que l'on vient d'énumérer. Sous le rapport de la latitude et de la température qui en résulte, on divise la terre en cinq zones :
1 . La zone torride, des deux côtés de l'équateur ; cette zone n'a que deux saisons. Tune sèche, l'autre humide ou pluvieuse. La pluie suit ou accompagne le soleil (inversion de Tété et de l'hiver des deux côtés de l'équateur).
2 et 3. Les deux zones tempérées, entre les tropiques et le 60^ de latitude, qui ont les quatre saisons ; celles-ci sont le plus régulières entre le 40^ et le 60^ de latitude.
4 et 5. Les deux zones glaciales aux pôles ; elles n'ont aussi que deux saisons : un hiver long et rigoureux et un été court et très chaud. Mais en général le froid est plus intense vers le pôle Sud.
On appelle climat physique le degré de chaleur, de froid, d'humidité, de sécheresse, de salubrité dont jouit un pays 'donné.
Ce degré varie continuellement dans le môme lieu ; aus^i le caractère du climat ne peut s'établir que d'après la température moyenne (évaluée à l'aide du baromètre) ; de là les lignes isothermes, isochimènes^ isot hères ^ fondées sur ces moyennes.