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GÉOGRAPHIE PHYSIQUE

DEUXIEME SECTION

JjSl terre .considérée comme s^our des êtres

organiques.

NOTIONS GÉNÉRALES

La répartition de la vie sur la surface de la terre a une liaison étroite avec les climats dont nous venons de parler.

Il n'y a pas de vie sans nourriture. Les animaux carnivores se nourrissent des herbivores; les herbivores se nourrissent des plantes. Donc pas de vie animale sans vie végétale. Les végétaux à leur tour, tirent leur nourriture des matières inorganiques ; mais il leur faut en outre un certain degré de chaleur et d*humidité qui dépend du climat.

§ I. — Db LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DBS VÉGÉTAUX.

Â. Influence du climat sur la végétation.

V Influence de la température. La chaleur atmosphérique a une influence très grande sur la répartition des végétaux. Celle-ci dépend, comme la chaleur, de l'altitude autant que de la latitude : sous la zone torride on trouve une végétation analogue à celle de la zone tempérée, dès qu'on s*élève sur les montagnes; au pied du Mont Ararat, on rencontre les végétaux de l'Arménie, au milieu ceux de ritalie et de la France, sur le sommet ceux de la Suède et de la Norwège.

2** Influence de Vhumidité, L'absence totale d'humidité empêche toute végétation. Les terres sans eau ou anhydres sont dans ce cas : ce sont les déserts. Au milieu d'un désert, partout où l'eau reparaît, la végétation l'accompagne : ce sont les oasis. Les déserts les plus importants sont : le Sahara en Afrique, le plateau de l'Arabie, le désert de Gobi en Mongolie.

Il en est de môme de ces rochers nus, où l'eau tombe sans s'arrêter, et qui sèchent immédiatement. Pour peu que Teau de pluie puisse y séjourner, ces rochers mômes s'enduisent de mousse.

3** Influence du soi. Il n'y a que le sel répandu en masse sur le sol qui empoche entièrement la végétation, comme dans les steppes salés du bassin de la mer Caspienne. La puissance de la végétation ou la fertilité du sol dépend en grande partie de la composition chimique des terres qui le recouvrent La preuve la plus évidente est l'efficacité de l'engrais, qui, môle à la terre, y produit des changements chimiques. Cependant la nature chimique du sol n'exerce qu'une médiocre influence sur la nature des végétaux euxmêmes.

B. Extension de la végétation (Flore).

La végétation s'étend partout où ces conditions de chaleur, d'humidité et de sol sont réunies ; et dès qu'au milieu de l'Océan un volcan ou des coraux s'élèvent au-dessus des eaux, la végétation s'y montre, les semences y sont apportées par la mer ou par les vents à travers les airs.

Néanmoins les mômes plantes ne se rencontrent pas dans tous les pays.

Les botanistes modernes ont fait l'intéressante découverte que les plantes peuvent être classées en provinces ; que chaque pays a une végétation à elle, que de ces centres de v^étation les plantes se sont répandues successivement, par la dissémination des graines, d'abord sur les pays environnants et enfin sur toute la terre. Elles se sont propagées, non pas spontanément, puisque les plantes sont privées de mouvement, mais par des agents extérieurs, tels que le vent, les eaux, les animaux, ou par les soins de l'homme (plantes cultivées). En outre chaque zone a sa végétation à part, des plantes qui n'existent et ne peuvent être cultivées que sous le môme climat : c'est ce qu'on appelle la flore d'une région.

Ainsi la flore de la zone glaciale est très restreinte et n'a que peu d'espèces; la croissance n'atteint jamais une grande hauteur ; la végétation est rapide, car elle n'est que l'efiet de la chaleur pendant l'été, qui est très court.

La flore des zones tempérées est la plus variée, à cause de la plus grande variation des climats de cette zone.

Enfin la flore de la zone torride se distingue par sa vigueur et par sa richesse luxuriante ; les plantes y déploient souvent des formes gigantesques.

Poar le détail voir les Traités de Botanique.

§ IL Db LA DISTRIBUTION OÉOaRAPmQUB DBS ANIMAUX.

Le règne animal présente autant de variétés que lo règne végétal ; mais il est plus difficile d*en indiquer la distribution géographique.

Les animaux peuvent, en effet, se transporter d'un pays dans l'autre spontanément, puisqu'ils sont doués de mouvement. Leur extension est en rapport avec leurs moyens de locomotion.

On peut, à ce point de vue, les classer en six groupes :

1 . Les animaux inférieurs. Ce sont d'abord ceux qui, moitié aninoal, moitié minéral, ne peuvent guères se déplacer, comme les coravoo^ qui n'existent que dans certaines mers, dans la partie du Grand Océan où se trouvent des groupes d'îles et de récifs formés uniquement de ces animaux ; puis dans la mer des Indes, entre la côte de Malabar et l'ile de Madagascar; enfin dans la Méditerranée, où se trouve le corail précieux, ceki qui sert aux parures. Une seconde classe sont les polypes, attachés d'un côté aux rochers ou aux plantes sous-marines : leur longueur augmente selon la profondeur ; on en a trouvé de dix jusqu'à trente pieds de longueur. Une troisième classe sont les mollusques et les coquillages, qui présentent une grande variété d'espèces.

2. Les insectes. Ils sont d'une variété infinie et subissent souvent des transformations en passant de l'état de ver, par l'état de larve et de chrysalide, à l'état d'insecte ailé. Dans ce dernier état, ils se déplacent facilement. La chaleur en général est favorable à la propagation et au développement des insectes. Aussi c'est dans la zone torride qu'on trouve les espèces les plus grandes et les plus brillantes.

3. Les poissons et autres habitants de la mer et des eaux douces. La mer est peuplée d'un nombre incalculable d'animaux. La fertilité et la force reproductrice des poissons n'a rien d'égal dans le reste du règne animal. La femelle de la morue, par exemple, porte dans son ovaire plusieurs millions d'œufs. Bien que toutes les mers leur soient ouvertes, chaque espèce de poissons se tient dans une zone limitée. Il en est qui font des migrations périodiques^ comme le hareng, qui, du fond de la mer glaciale, se porte vers les côtes de l'Islande, de la Norvège, de la Suède, de la Hollande, des Etats-Unis ; le thon, qui se transporte de l'océan Atlantique dans la Méditerranée. C'est l'instinct qui pousse ces poissons à rechercher des eaux moins profondes pour y déposer leurs œufs. — On sait que les lacs, les fleuves ont leurs poissons propres, distincts de ceux de l'océan. — Il y a aussi des mammifères qui habitent la mer : les baleines^ les phoques, les dauphins, etc. Ceux-ci ont besoin de venir à l'air de temps en temps pour respirer, et se propagent par génération et non par œufs. — II y a enfin des amphibies, qui peuvent vivre à la fois sur terre et dans les eaux : ce sont les batraciens.

4. Les reptiles, qui sont des animaux à sang froid, ont besoin d'une certaine chaleur extérieure pour vivre. Aussi on n'en trouve pas dans la zone glaciale. Les couleuvres et les lézards de la zone tempérée sont de petite taille, tandis que plus le pays est chaud, plus les reptiles sont nombreux et de grande taille. On distingue trois familles de reptiles : tortues ; crocodiles ; serpents.

5. Les oiseaux : ils sont capables de se transporter d'un continent à l'autre et dans toutes les îles grâce à leur vol, qui leur permet de franchir les obstacles naturels, les montagnes et les mers, qui arrêtent les quadrupèdes. Néanmoins chaque espèce a une zone habituelle. Plus on s'approche de la zone torride, plus les espèces varient, plus aussi leur plumage devient brillant. Vers le pôle, la cou-

leur uniforme est le blanc. Il en est aussi qui passent d'une zone à Faatre périodiquement ; ce sont les oiseaux de passage, dont les uns émigrent vers le sud à rapproche de l'hiver, d'autres vers le nord à l'approche de l'été (les hirondelles, les cicognes, les grues, les oies du nord, les canards).

6. Les quadrapèdes ou mammifères terrestres : ils sont cantonnés dans les continents ou les îles qu'ils habitent, et dont ils ne peuvent plus sortir. Ainsi le lama est confiné en Amérique ; le Kangourou en Australie.

Dans la distribution géographique des animaux des groupes supérieurs (quadrupèdes et oiseaux), il y a lieu de distinguer les animatco) domestiques et les animaux sauvages.

Les animaux domestiques peuvent vivre dans toutes les zones où ils sont importés par l'homme. Aussi longtemps qu'ils y restent à l'état de domesticité, ils ont partout le même caractère, quoique le climat agisse sur leur taille, leur poil, leur couleur, lesquels se modifient diversement. Ainsi la taille est plus grande dans les climats chauds, le poil est moins épais, les couleurs plus vives et plus brillantes. Mais si les animaux domestiques retournent à l'état sauvage, leurs qualités physiques changent notablement et se rapprochent de celui des animaux sauvages de la zone dans laquelle ils vivent.

Les troupeaux de chevaux, de bœufs et de chiens sauvages, qui se rencontrent aujourd'hui en Amérique, descendent des espèces domestiques qui y ont été importées depuis le xvi® siècle par les Européens.

En résumé, chaque partie du monde, chaque zone a ses animaux qui lui sont propres : c'est ce qu'on appelle la fitune d'une région.

A consulter les Traités de zoologie.

§ III. — Db la DISiaiBUTION DES RAGBS HUMAINES.

Voir les Conférences qui suivent sur V ethnographie.

CONFÉRENCES

SUR

L'ETHNOGRAPHIE

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