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7. Timéej édit. H. S., U 111, p. 62, 51, et édiU Tauch., t. VU, p. 47, 48.
172 LITBE SIXIÈME, SIGTION PREMIÈRE.
par Descartes. Ce philosophe ne reconnaît pas, comme nous, deux genres d'étendues dont Fune contient l'autre : celle-ci sensible , mobile , divisible , limitée , contingente ; celle-là insensible et ne pouvant jamais tomber sous les sens, immobile, indivisible, infinie, nécessaire. Il n'admet qu'une seule étendue. « L'espace ou le lieu intérieur, dit-il, et le corps qui est compris en cet espace, ne sont différents que par notre pensée. Car, en efifet, la même étendue en longueur, largeur et profondeur qui constitue l'espace , constitue le corps'.» Ce que nous appelons l'espace n'est pour lui que l'étendue des corps considérée abstraitement, c'est-à-dire séparée des autres qualités qui rendent les corps perceptibles aux sens. Voici comment il développe sa pensée sur ce sujet : « n sera aisé de reconnaître que la même étendue qui constitue la nature du corps constitue aussi la nature de l'espace, en sorte qu'ils ne diffèrent entre eux que comme la nature du genre ou de l'espèce diffère delà nature de l'individu, si, pour mieux discerner quelle est la véritable idée que nous avons des corps, nous prenons pour exemple une pierre et en ôtons tout ce que nous saurons ne point appartenir à la nature du corps. Otons-en donc premièrement la dureté, parce que si on réduisait cette pierre en poudre, elle n'aurait plus de dureté, et ne laisserait pas, pour cela, d'être un corps; ôtons-en aussi la couleur, parce que nous avons pu voir quelquefois des pierres si transparentes qu'elles n'avaient point de couleur; ôtons-en la pesanteur, parce que nous voyons que le feu, quoiqu'il soit très-léger, ne laisse pas d'être un corps ; ôtons-en le froid, la chaleur et toutes les autres qualités de ce genre, parce que nous ne pensons point qu'elles soient dans la pierre, ou bien que cette pierre change de nature parce qu'elle nous semble tantôt chaude et tantôt froide. Après avoir ainsi examiné cette pierre, nous trouverons que la véritable idée qui nous fait concevoir qu'elle est un corps , consiste en cela seul que nous apercevons distinctement qu'elle est une substance étendue en longueur, largeur et profondeur. Or, cela même