Ibid
pace, c'est ce que parait prouver la translation. De Teau se trouve en un lieu : lorsqu'elle en sera sortie comme d*un vase, il s'y trouvera de Tair; il est donc évident que le même lieu peut être occupé tour à tour par des objets différents et qu*il se distingue des objets qui Toccupent , et qui s*y remplacent les uns les autres'. La translation des corps simples, tels que le feu, la terre et d'autres semblables, montre que non-^seulement l'espace existe, mais qu'il a une certaine propriété*. En effet, tel corps est porté en haut, tel autre en bas*. Or, le haut, le bas et les autres lieux sont les parties de l'espace. Ces autres lieux n'existent que relativement à nous : suivant notre position , la droite devient la gauche, etc. ; mais le haut et le bas sont des parties distinctes de l'espace. Le haut n'est pas désigné au hasard, c'est le lieu vers lequel se portent le feu et les corps légers ; le bas est le lieu où tendent les corps lourds et formés de terre, de sorte que le haut et le bas ne diffèrent pas seulement par la position, mais par la propriété\ Il n'en est pas des corps comme des figures mathématiques. Celles-ci n'ont pas d'existence hors de l'esprit, elles ne sont pas dans l'espace ; nous pouvons leur donner la position qu'il nous plaît , mettre en haut ou en bas le sommet du triangle ; mais les corps ont une situation naturelle qui ne dépend pas de nous *. Ceux qui parlent du vide reconnaissent l'existence de l'espace, car le vide, c'est l'espace privé de corps. L'espace est donc quelque chose indépendamment des corps, et tout corps sensible est dans l'espace. C'est avec raison qu'Hésiode a dit : Avant toutes choses fut l'abîme, te vide*, et ensuite la terre au large sein. Il faut en effet que la place existe avant les êtres'. Sans l'espace, rien ne peut exister ; il faut donc que l'espace soit d'abord seul avant les autres choses , et il ne périt pas , alors même que les choses qui sont dans l'espace viennent à périr®. L'espace a trois di-
]. Physique f liv. IV, chap. i", § 3»