‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 110 sur 318 · Éléments df ^Wio»pM4 pHrtkIL,«luvu nu, <%t · texte numérisé non relu

Éléments df ^Wio»pM4 pHrtkIL,«luvu nu, <%t

lequel elle imagine celui qu*elle n*a point encore parcouru; et lorsqu'elle a une fois imaginé un espace où elle ne s*est point transportée , elle en imagine plusieurs les uns hors des autres. Enfin, ne concevant point de bornes au delà desquelles elle puisse cesser d*en imaginer, elle est comme forcée d'en imaginer encore, et elle croit apercevoir l'immensité même *.»

L'école sensualiste est donc unanime sur la distinction de Tespace et du corps. Nous avons lieu de nous étonner qu'elle ait pu rapporter aux sens extérieurs la notion d'un objet qui leur échappe, puisqu'il est invisible et intangible, absolu et nécessaire. Comment Locke, qui a si bien distingué l'étendue des corps d'avec l'espace qui les contient, a-t-il pu dire que l'œil atteint l'espace pendant le jour, et que le toucher le saisit dans les ténèbres. Comment a-t-il pu rapporter à la sensation la faculté qu'il nous reconnaît d'ajouter l'espace à l'espace sans jamais être arrêté, jusqu'à ce que nous arrivions à la notion de l'immensité ou de l'infinité de l'espace ■ ? L'erreur sur l'origine de la notion de l'espace a jeté Condillac en des fautes nombreuses sur la notion elle-même. Relevons-les en passant. Condillac suppose que c'est par le toucher que la statue animée connaît l'espace ; le toucher ne connaît que le corps. « Partout où elle ne trouve point de résistance, elle juge qu'il n'y a rien, et elle se fait l'idée d'un espace vide. » Cela est vrai, mais ce n'est pas le toucher qui fait porter ce jugement : le toucher ne juge que de ce qu'il touche; là où il ne touche rien il ne juge pas ; il faut qu'une autre faculté juge à sa place. « L'idée de l'espace qu'elle parcourt devient un modèle d'après lequel elle imagine celui qu'elle n'a point encore parcouru. » Est-ce parle toucher qu'elle imagine cet espace qu'elle n'a pas encore parcouru? Imaginer et toucher sont-ils un seul et même acte? Le toucher a-t-il donc de l'imagination ? Si l'on veut dire que l'acte du toucher est l'occasion à propos de laquelle une autre faculté nous fait juger qu'il y a un espace indépendant du corps , on a raison ; mais en ce cas il ne faut pas rapporter ce

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