‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 113 sur 318 · Principes mathématiquerschoL géh&aV. rers Hr ifiar · texte numérisé non relu

Principes mathématiquerschoL géh&aV. rers Hr ifiar

LES PERCEPTIONS M %Jk mmÈU PARTIB OSS QQNIAISSANCES . 183

partie : « Dieu n'est pas l'éternité ni l'infinité, mais U est éternel efe înfiBÎ ; il n'est pas la durée ni l'espace, mais il dure et il est présent. » Mais nous ne pouvons accepter la seconde : « Dieift, an existant toujours et partout, constitue la durée et l'espace , l'élemiié et l'infinité. » D'un côté , Dieu est distingué de l'es* fêce et du temps, de l'autre le temps et l'espaee paraissent a'étre plus que des modes de rexistence de Dieuv

Cette expression un peu indécise prend plus de précisic» et àe fermeté dans la bouche de Samuel Clarke, qui s'appuie sur TautcHrité de Newton. «J'ai beau tâcher, dit-il, de me per* suoder qu'il n'y a point d'être dans l'univers qui existe néces-» sairement, je trouve toujours, quoi que je fasse, les idées de rinfiniié et de l'éternité si bien imprimées dans mon àme, que je ne puis m'en déMre ; c'est-à-dire que je ne puis pas supposer sans commettre une cootradiction dans les termes mêmes, qu'il n'y a point d'êtres dans l'univers en qui ces attributs ne soient nécessairement inhérents; car les attributs ou les modes n'existent que por Texistence de la substance dont ils sont les at* tributs et les modes. Qr, tout homme qui est capable de supposer qu'il n'y a dans l'univers ni éternité ni immeiksité, et, par con* séquent, qu'il n'y a point de substance par l'existence de kquelle ces attributs ou ces modes existent, pourra, s'il lui plaît , anéantir avec la même facilité la relation d'égalité entre deux fois deux et quatre. Supposer Timmensité bannie de l'univers, ou supposer qu'elle n'est pas éternelle, c'est faire une supposition contradictoire, oMume l'aperçoit évidemment tout honune qui fait attention à ses propres idées et à la nature essentielle des choses. Supposer une partie de l'espace ôtée de sa place, c'est'la supposer ôtée d'elle-même, ce qui est contradic*toire. Cet argument ne peut être obscur qa'k ceux qui traitent l'espace immense de pur néant, ce qui est aussi une notilODf(M^ mellemeni coniradictoire, carie néant est ce qui n'a ni modes ni propriétés , c'est-à-dire ce dont on ne peut rieu affirmer avec vérité et dont on peut tout nier vérîtaUement, Or, ce n'est pas le cas de l'immensité ou de l'espace*. » Ailleurs

1. Traité de Vexistence de Dieu, trad. franc., édit. de Blois, tSihj t. i^, p. 31 el suiv.

le même philosophe dit encore : « Je conçois donc l'espace comme une propriété de la substance qui existe par ellemême; je conçois aussi que Tespace étant évidemment nécessaire, il faut que la substance dont il est une propriété soit pareillement nécessaire*. »

Nous ferons remarquer que Tauteur admet directement que l'espace a une existence nécessaire ; ce n'est pas comme propriété d'une substance nécessaire que l'espace lui paraît revêtu du caractère de la nécessité, c'est de la nécessité de l'espace qu'il conclut celle de l'être qui lui paraît la substance de l'espace. Cela prouve que la notion de l'espace est primitive, directe, intuitive, et non pas dérivée ou abstraite d'une autre notion complexe et antérieure.

n s'agit maintenant d'examiner si l'espace peut être considéré comme une propriété de Dieu. On a fait avec raison à Samuel Clarke l'objection suivante : « Si l'espace est une propriété de la substance qui existe par elle-même, il est aussi dans le même sens une propriété de toute autre substance, n n'y aura de différence que sous le rapport de la quantité. Or, de ce que chaque partie de l'espace est nécessaire, il suit que chaque substance doit exister par elle-même*. >» En effet, si l'espace infini est un attribut de l'être infini, le petit espace que j'occupe est aussi l'attribut de l'être fini que je suis, et comme ce petit espace est nécessaire, il s'ensuit que mon existence est également nécessaire. Clarke répond en ces termes à l'objection : « L'espace est une propriété de la substance qui existe par elle-même et non pas une propriété de toute autre •ubstance. Toutes les autres substances sont dans l'espace et ' Fespace les pénètre, mais la substance existant par elle-même n'est pas dans l'espace et n'en est pas pénétrée. Elle est, si je puis m'exprimer ainsi, le substratum de l'espace, elle est le fondement de l'existence de l'espace et de la durée. Or, l'espace et la durée étant évidemment nécessaires et n'étant pourtant point des substances, mais des propriétés, il est clair que

1. Traité de l'existence de Dieu, (rad. franc., édit. de Blois, 1825, t. i**, p. 271 et 293.

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