‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 118 sur 318 · Xpôvoc · texte numérisé non relu

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196 LIVRE SIXIÈ^IE , SECTION PRKMlÈfiE.

qu'à ce qui prend naissance dans le temps , car ce sont des changements ; mais ce qui reste toujours le inéme sans changement ne peut être, avoir été, ou devoir être plus vieux ou plus jeune... Le temps a donc pris naissance avec le ciel, afin que nés ensemble, ils périssent ensemble, si toutefois leur destruction doit arrivera »

Platon identifie le temps avec les changements célestes Aristote rejette cette opinion. Après quelques phrases où il semble établir que Tesprit, en concevant le temps, se frappe lui-même de contradiction, ce qui mettrait Aristote au nombre des philosophes qui ne donnent au temps aucune réalité extérieure, le maître du Lycée finit par envisager le temps c^mme le nombre ou la mesure des choses qui changent et qui passent. <« On croira d'abord, dit Aristote, que le temps n'existe pas ou qu'il existe à peine et d'une manière fort obscure, si l'on considère que telle partie du temps a été et n'est plus, que telle autre doit être et n'est pas encore, et que de ces parties se compose le temps infini et éternel. Il paraîtra impossible que le composé de ce qui n'est pas participe à l'existence. Tout ce qui est divisible se divise en parties qui existent : le temps est divisible et il se partage en parties qui n'existent pas. Le présent n'est pas une partie du temps, car le tout se compose des parties et le temps ne se compose pas de moments présents... Il faut que le moment antérieur s'anéantisse toujours; mais il ne peut s'anéantir en lui-même, puisqu'il est alors présent ; il ne peut non plus s'anéantir dans le moment suivant, puisqu'il n'y est pas encore ; il est donc impossible que les moments se succèdent les uns aux autres '. »

Nous avons rapporté ce passage comme un exemple de la subtilité du génie d'Aristote ; mais on ne se laissera pas arrêter par les difficultés qu'il entasse en ce lieu. Le temps est composé de moments qui ne sont plus et de moments qui ne sont pas encore, séparés par un moment qui existe, quoiqu'il périsse sans cesse. Ce moment ne périt ni en lui-même ni dans un autre, c'est-à-dire qu'il ne périt ni quand il est

1. Timée, édil. H. E., t. lU, p. 37 ; édil. Taucli., l. VII, p. 26.

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