Voy. plus loin, liy. IX, chap. v
203 LIVRE SIXiÈMB, SECTION PftBMlÈRX^
de réalité extérieure. Henri More lui avait pe«é cette objéo^ tion : « Si Dieu ànéantissail l'Univers et qu'il en créât iin autre de rien» longtemps après ^ cet intermohde oti.cette privatibn du monde aurait sa durée... ^ » Descartes répond : «Je crois qu'il implique contradiction de cotiGevoir une durée mitre ht destruction du premier monde et la création du nouteau l car si nous rapportons cette durée ou quelque diose de sern* blable à la succession des petisées divines, ce sera une erreur de l'intellect, non une yéritable peixeption de quelque chose*. » Au sens de Descartes^ il n'y a point de temps ab^ solu ; il n'y a de temps qu'à la condition qu'il y ait un monde qui dure. Si Dieu existait seul, il n'y aurait ni temps absolu i ni temps relatif ; Descartes ne yeut pas que les pensées de Dieu soient successives, c'est-à-dire qu'elles aient une durée. A l'exemple de Platon et d'Aristote , il regarde le temps cumm/e l'attribut des choses qui commencent et Unissent.
Telle est l'opinion à laquelle il s'est arrêté ; les passages précédents sont extraits des Principeséh la phUosophie^ qui sont postérieurs de trois aiis aux Méditations, Dans celles-ci ^ Descartes avait distingué deux sortes de temps, l'un qu'il appelait concret et qui était la durée des choses qui comnlencent et finissent, Tautre qu'il appelait abstrait et qui était indépendant de ces choses. Il mettait entre le premier et le second cette différence que le temps concret oii la durée des choses lui paraissait pouvoir être interronipu, tandis que le temps abstrait ou le temps en dehors des choses lui semblait formé de moments indissolubles , que rien ne pouvait détacher les uns des autres et dont rien ne pouvait interrompre la suite. «Dieu, disait-il, est la cause de toutes les choses créées non^seulement en ce qui dépend de leur production , mais niéihe en ce qlti concerne leur conservation ou letir durée daiië l'être ; c'est pourquoi il doit toujours agir sut* son effet d'une même façon pour le conserver dans le premier être qu'il lui a dontlé; et cela se démontre fort clairement par ce que j'ai expliqué dé