‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 127 sur 318 · Traité des sensations, V' édiU, t. K p. 2Sh · texte numérisé non relu

Traité des sensations, V' édiU, t. K p. 2Sh

LKS PEftCEPTIONS OU LA PRSMltRB PÂHTIS DES GOIfNÀlSSANCES. 211

pbes qui ne distinguent point le temps d'avec les choses qui commencent et qui finissent ; et , en effet , quelques expressions du philosophe permettent cette interprétation. Nous avons déjà cité cette phrase : « Le temps et le lieu ne sont que de9 espèces d'ordre*. » Mais nous avons cité aussi cet autre passage dans lequel Leibniz expliquait à sa manière pourquoi nous ne pouvons donner de bornes ni à l'espace ni au temps : « Le temps et Tespace marquent des possibilités au delà des existences; le temps et Tespace sont de la nature des vérités éternelles qui regardent également le possible et l'existant '. » Mais le temps des choses possibles est un temps vide ou absolu, un temps qui se distingue des choses actuellement existantes. Ailleurs encore Leibniz marque fort bien la différence du temps absolu et des choses qui se succèdent dans le temps. « Une suite de perceptions, dit-il , réveille en nous l'idée de la durée, mais elle ne la fait point. Nos perceptions n'ont jamais une suite assez constante et régulière, pour répondre à celle du temps qui est un continu uniforme et simple , comme une ligne droite. Le changement des perceptions nous donne l'occasion de penser au temps, et on le mesure par des change* menls uniformes; mais quand il n'y aurait rien d'uniforme dans la nature, le temps ne laisserait pas d'être déterminé, comme le lieu ne laisserait pas d'être déterminé aussi , quand il n'y aurait aucun corps fixe ou immobile*. » Cet espace dont les parties sont déterminées indépendamment de tout corps fixe ou immobile, ce temps qui est un continu uniforme et simple, malgré l'inconstance et l'irrégularité de nos percep*« lions, diffèrent beaucoup de cet espace et de ce temps quQ Leibniz regardait ailleurs comme l'ordre ou la disposition des choses qui se succèdent. Il faut convenir que cet écrivain s'est m moins contredit sur la pâture de l'espace et du temps, et qu'on ne peut le ranger d'une manière incontestable parmi les philosophes qui identifient l'un et l'autre avec les objets contingents et passagers.

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