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LES PERCEPTIONS ÔO LA PREMIÈRE PARTIE DES CONNAISSANCES. St5
disons qu'elle a été, qu'elle est et qu'elle àerà, mais il n'y Q que le mot : elle est^ qui lui convienne. Les formes : il a été y il sera, n'appartiennent qu'à ce qui prend naissance dans le temps, car ce sont des changements. Mais ce qui re^te toujours le même, sans changements ne peut être, avoir été» ou devoir être plus vieux ou plus jeune*. » Aristote a dit à son tour : « Ce qui est de sa nature immuable ne se repose pas... Ce qui ne change ni ne se repose n'est pas dans le temps*. » De son côté, Descartes a pensé que si nous rapportons la durée ou quelque chose de semblable à la succession des pensées divines , c'est une erreur de l'intellect, non une véritatable perception de quelque chose \ » Enfin Condillac qui, sur le sujet du temps, se met , contre son ordinaire, dans la compagnie de Platon et de Descartes, s'est exprimé en ces termes : t Un instant de la durée d'un être peut coexister et coexiste en effet à plusieurs instants de la durée d'un autre. Nous pouvons donc imaginer des intelligences qui aperçoivent tout à la fois des idées que nous n'avons que successivement, et arriver en quelque sorte jusqu'à un esprit qui embrasse dans un instant toutes les connaissances que les créatures n'ont que dans une suite de siècles, et qui par conséquent n'essuie aucune succession... Par ce moyen, nous nous formons, autant qu'il est en notre pouvoir, l'idée d'un instant indivisible et permanent, auquel les instants des créatures coexistent , et dans lequel ils se succèdent. Je dis : autant qu'il est en notre pouvoir. Car ce n'est ici qu'une idée de comparaison. Ni nous , ni toute autre créature, ne pourrons avoir une notion parfaite de l'éternité. Dieu seul la connaît parce que lui seul en jouit ^ »
Examinons cette opinion, commune à des écoles si diverses, que Dieu ne peut être dans le temps absolu, comme on a dit qu'il ne peut être dans l'espace absolu. « Dieu, dit-on, est immuable, et sll est dans le temps, il change; il a été, il est, il