‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 134 sur 318 · SermoM, t. VU, serai, xiii · texte numérisé non relu

SermoM, t. VU, serai, xiii

218 LIVRB SIXIÈMl , SlCnON PREMIÈRE.

voir que Tespace se contracte en un point , à moins que nous ne voulions nous mettre en contradiction avec nous-mêmes : nous ne pouvons pas concevoir davantage que le temps se contracte en un moment. Dire qu'un instant de Texistence de Dieu coïncide à tous les moments de Texistence de ses créatures, c'est dire qu'un point de l'espace coïncide avec Timmensité , c'est essayer de comprendre une montagne sans vallée, un cercle quadrangulaire, c'est-à-dire , pour emprunter les expressions de Bossuet , <r une chose absolument im* possible et contradictoire en elle-même... A cela il ne répond rien dans l'esprit : c'est un discours en l'air qui se détruit sitôt qu'on y pense, et qui ne peut nous donner aucune idée *. » Dieu est dans l'espace puisqu'il est partout ; il est dans le temps absolu ou dans l'éternité, puisqu'il est éternel. Sa présence universelle ne divise pas sa simplicité et ne multiplie que son action. «La durée, dit Leibniz, ne donne pas de parties à Dieu , elle n'en donne qu'à ses opérations ; de même, par rapport â l'espace, il faut attribuer à Dieu l'immensité qui donne aussi des parties et de l'ordre aux opérations immédiates de Dieu*. >» — « Croyez-vous, avait dit autrefois Pascal, qu'il soit impossible que Dieu soit infini sans parties? — Oui. — Je vous veux donc faire voir une chose infinie et indivisible ; c'est un point se mouvant partout d'une vitesse infinie, car il est en tous lieux et est tout entier en chaque endroit*. » L'éternité de Dieu ne peut être qu'à la condition de la continuité de cette existence, et cette continuité ne fait changer en Dieu que les moments de son existence, ce qui n'est pour lui ni une chute ni un progrès. Le temps est infini comme l'espace; il est absolu , c'està-dire indépendant de l'esprit qui le perçoit et des choses qui n'ont de durée que parce qu'elles sont dans le temps. Le temps n'est pas l'attribut de Dieu, il est la condition de l'une des infinités de Dieu. Si, par le mot de temps, on comprend les révolutions des astres, on a raison de dire que Dieu a précédé le temps, qu'il l'a créé et qu'il est en dehors du temps ; mais in-

t . Bossuet, Logique, liv. I*% chap. xiil

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