‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 140 sur 318 · Voy. plus haut, p. 135 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, p. 135 et suiv

us piacxpnoNS ou la p&siuèrb partie des connaissances. 227

mémoire, ne suffît pas à rexplication de ce qu'on appelle en philosophie l'axiome de la substance et l'axiome de la causalité. En effet , la conscience, comme nous l'avons dit, n'est pas ton* jours en exercice : elle est suspendue dans l'évanouissement, durant une grande partie du sommeil, et souvent même pendant l'état de veille , selon la remarque de Leibniz ' * Hous perdons quelquefois de vue, pour ainsi dire, notre propre existence, et lorsque nous en retrouvons le sentiment, après ces interruptions , ce n'est ni la conscience ni la mémoire qui nous font voir que nous n'avons pas cessé d'exister pendant la suspension de la conscience. En effet , celle-ci n'atteste que ce qui est présentement sous sa perception, et la mémoire ne certifie que les anciennes perceptions de la conscience. La conscience et la mémoire nous montrent qu'il y a en nous quelque chose qui ne varie pas ; mais elles ne peuvent nous apprendre que ce quelque chose soit absolument invariable. Si donc nous affirmons que, depuis notre naissance, quelque chose en nous n'a jamais cessé d'être, ce n'est pas que nous nous soyons connus sans interruption, c'est par ce principe que Têtre ne peut cesser et recommencer de lui-même , principe qui dépasse la portée de la conscience et de la mémoire.

De même, la conscience et les sens extérieurs nous font voir que nous produisons certains effets, soit en nous, soit hors de nous : la volonté, par exemple, fixe et éclaircit nos souvenirs ; par la faculté motrice nous mettons notre corps en mouvement, et par notre corps les autres objets matériels- Mais si nous nous interrogeons sur le commencement de l'existence de notre faculté motrice et de notre volonté, nous dépassons déjà les limites de la conscience ; car elle ne peut songer même à poser cette question,» et elle n'a idée que de ce qu'elle connaît présentement. Nous les dépassons bien plus encore, lorsque nous affirmons que notre force motrice et notre volonté ne se sont pas donné l'être à elles-mêmes et qu'elles ont toujours été ou qu'elles ont reçu l'existence d'une

Page 1