‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 147 sur 318 · Physique^ liv. III, clia|». vu, $0 et · texte numérisé non relu

Physique^ liv. III, clia|». vu, $0 et

244 LIVRE SIXIÈMB, SBCTION PREMIER!.

l'espace et le temps, c'est-à-dire à laquelle aucun lieu, aucun temps n'apporterait de limites. Une sagesse et une bonté infinies sont celles qui s'étendent à un nombre infini de créatures; et Ton ne se forme l'idée d'un nombre infini qu'en songeant que les objets nombres rempliraient tout le temps et tout l'espace. On a demandé si le nombre infini était pair ou impair ; mais les parties du temps et de l'espace ne peuvent se compter : il n'y a donc pas lieu de faire la question, car là où le nombre est impossible, il n'est ni pair ni impair.

Suivant la juste remarque de Locke, nous n'avons pas l'idée d'une blancheur infinie*; en effet, l'intensité de la blancheur ne peut se mesurer ni sur le temps ni sur l'espace : on n'en mesurerait ainsi que la durée et l'étendue. Leibniz combat cette pensée de Locke. « Si nous n'avons pas, dit-il, Tidée d'une blancheur infinie, ce n'est pas parce que cette qualité n'a point de parties hors les unes des autres, mais c'est parce que les sens ne nous en donnent qu'une connaissance confuse. A l'égard des qualités connues distinctement on voit qu'on peut les porter à l'infini, non-seulement là où il y a extension ou ce que l'école appelle partes extra partes, comme dans le temps et le lieu , mais encore là où il y a intensité ou degrés, par exemple, à l'égard de la vitesse*. » C'est Descartes qui, le premier, a dit que nous avions une idée confuse de la couleur, du son, de l'odeur, de la saveur, du froid et du chaud, et une idée claire de l'étendue et de la figure. Nous avons déjà fait observer que nous possédons une idée aussi claire de la couleur en tant que couleur, que de la figure en tant que figure, et que si Descartes trouvait de l'obscurité dans l'idée de la couleur, du son, etc., c'est qu'il voulait dériver ces qualités de l'étendue, de la situation et du mouvement des parties dans les corps, et qu'en effet il n'est pas aisé de voir comment la situation et le mouvement des parties de l'étendue peuvent produire le son et la lumière '. Mais quand on s'interdit toute hypothèse sur la relation de la couleur

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