‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 148 sur 318 · Yoy. plus haul, p · texte numérisé non relu

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LIS ra&ClPTIOllS ou LA mMIBUE PARTIB DES GOHNAISSANCES. 246

avec la situation et le mouvement des parties d'un corps et qu'on s'en tient à la vérité de fait , c'est-à-dire h la connaissance de la couleur, en tant que couleur, on trouve l'idée de la couleur aussi claire que l'idée de la figure. Ce n'est donc pas parce que Fidée de la blancheur est confuse que nous ne concevons pas cette qualité portée à Tinfini, c'est parce que nous ne pouvons en étendre l'intensité sur la mesure du temps et de l'espace. Pour prouver que nous concevons l'intensité d'une qualité poussée jusqu'à l'infini, Leibniz allègue l'exemple de la vitesse ; mais la vitesse ne peut s'augmenter que par la diminution du temps ou par l'augmentation de Fespace , et par conséquent l'infini s'applique encore ici à l'espace et au temps. Cet exemple porte donc contre la conclusion de Leibniz. Nous devons, en conséquence, maintenir cette proposition qu'on ne conçoit l'infini que dans le sens du temps et de l'espace , et que toute chose qui est incapable de s'étendre de l'un ou de l'autre côté est également incapable de nous suggérer l'idée de Finfini. Cette remarque ne doit pas être perdue de vue, si Fon veut maintenir la précision et la justesse des idées.

Aristote blâme Melissus d'avoir dit que l'infini est un tout, parce qu'il pense, comme Parménide, que le tout est limité. Il ajoute que Finfini est le tout en puissance et non en acte *. Il veut dire sans doute par là que l'infini grandit toujours sans se terminer jamais. Si Fon attache au mot de totalité Fidée de quelque chose de fini, il ne faut pas dire en efTet que Finfini soit un tout, mais si on laisse à ce terme un sens assez vaste pour exprimer ce qui n'a pas de limites, nous ne voyons pas d'inconvénient à nous servir de ces mots : tout Fespace et tout le temps.

On a prétendu que Fidée de Finfini était négative et qu'elle n'exprimait rien de positif; mais Fidée du fini est également négative ; elle signifie : ee qui ne continue pas. Si Fidée de Finfini nie les limites, l'idée du fini nie la continuation. La vérité est que chacune <lc ces idées contient quelque chose de néga-

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