Physique^ liv. III, cliap. vu, $0 el
i46 UVRE SIXIÈME , SECTION PREMIÈMS.
tif et quelque chose de positif. L'objet po»tif de l'idée du fiai est une durée et une étendue qui s'arrêtent à un certain point ; Tobjet positif de l'idée de l'infini est une durée et une étendue qui existent partout et toujours. L'objet positif de la dernière est donc bien plus considérable que Tobjet positif de la première ; l'idée de Tinfini est donc plus positive que l'idée du fini, car die nie une limite, elle nie une négation, elle affirme au plus haut degré.
Le mot d'infini contient une négation qui marque l'origine et non pas l'objet de Tidée de l'infini. Nous commençons par savoir que les corps sont finis les uns par rapport aux autres, et que nos pensées sont aussi limitées les unes par les autres, et lorsqu'à propos des corps et des pensées nous arrivons à découvrir l'espace, le temps absolu et la cause nécessaire, il est naturel que nous les exprimions par un mot qui marque leur différence d'avec les objets qui nons ont donné l'occasion de les découvrir.
Nous avons dit que l'infini et le parfait ne sont pas la même choses L'espace est infini, il n'est pas parfait; le parfait est ce qui dans tous les temps et dans tous les lieux possède la puissance, la sagesse, la bonté. Le parfait est infini, mais tout infini n'est pas pour cela parfait. Le parfait s'oppose à l'imparfait, qui exprime ou le manque de quelque attribut ou ses limites.
Locke, qui , en général , a bien parlé de l'espace, du temps et de Dieu, a dit de bonnes choses sur l'idée de l'infini ^ mais il en a mal représenté la formation. « L'idée de l'espace infini, dit-il, nous vient de ce que nous pouvons ajouter un pied à un pied et toujours ainsi sans être jamais plus près de la fin... En ajoutant les mesures du temps les unes au bout des autres, soit dans l'avenir soit dans le passé, sans que rien nous arrête, nous arriverons ainsi à l'idée d'éternité'. » Locke croyait, par cette explication, rapporter l'idée de l'infinité de