Voy. plus haut, p
2. Essai sur l'entendement humain, liv. 11 , chap. xvi , $ 8 et chap. xyii, 8 1-22.
.3. Ibid., liv. 11, chap. xvu, $ 3 et à.
l'espace à la sensation et celle de rinfinité du temps à la conscience ou à la réflexion. Mais, pour que nous puissions ajouter un pied à un pied, et une heure à une heure, sans que rien nous arrête, il faut que nous ayons déjà la connaissance d'un espace infini et d'un temps infini. Ce n'est donc pas l'addition des objets sentis ou perçus intérieurement qui nous conduit à la perception de ce qui ne tombe ni sous les sens ni sous la conscience. C'est la perception de Tinfini qui nous permet d'ajouter sans cesse les uns aux autres les objets connus par Fexpérience. Telle est la réponse que Leibniz adresse à Locke, en disant « que l'idée de Tinfini ne se forme point par une extension des idées finies ^ »
L'idée de l'infini comprend donc celle de Tespace, du temps et de la substance active. On ne peut dire de Tinfini que ce qu'on a dit des trois autres objets. Âristote parait cependant avoir été d'un avis contraire. 11 pense d'une part qu'on reconnaîtra que l'infini existe en considérant cinq choses : !<" le temps ; %"* la divisibilité de l'étendue ; S"" le principe ou la cause des changements, de la naissance et de la mort ; 4'' l'idée de la limite qui est relative à l'idée de l'illimité ; 5'' le nombre, l'étendue mathématique et l'espace au-dessus du ciel *. D'une autre part U avance que ceux qui supposent l'existence de Tinfini et ceux qui font la supposition contraire rencontrent également des impossibilités'. « Si l'infini existe, dit-il, il est indivisible ou divisible en parties infinies : comme une partie d'or est de l'or, une partie de l'infini est de l'infini et ainsi plusieurs infi.nis appartiendront au même être\ Cependant, s'il n'ei^iste pas, le temps aura un commencement et une fin, etc.' » Aristote conclut donc que l'infini n'existe que dans notre pensée, que l'augmentation et la diminution à l'infini ne se font pas sur les choses, mais dans notre esprit seulement', Ainsi , après avoir reconnu que l'espace, le temps et la cause