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LIS pncirrioNs ou la prbmièm partis des connaissances. 249
oertaiiies propositions qu'on croit marquées du caractère de la nécessité , telles que ceUes-d : 11 est impossible que la môme diose soit et ne soit pas ; le tout est plus grand que la partie, etc. On pensera aussi que nous aurions dû placer parmi les vérités nécessaires les vérités géométriques et les vérités morales.
Noos devons donc pous expliquer sur ce sujet. L'espace, le temps et la cause infinie sont des objets qui existent hors de la pensée ; il n'en est pas de même, suivant nous, des concep* lions géométriques et des conceptions morales. Nous n'admettons pas, comme Platon, qu'il y ait en dehors de l'esprit de Dien et de l'esprit des hommes quelque chose qui soit l'idée de la justice, de la tempérance, de la sagesse, etc. Nous croyons que Dieu conçoit la justice , et qu'il nous la fait concevoir, mais que bors de la conception divine et de la conception humaine, ridée de la justice n'existe pas. Nous pensons de même à l'égard des vérités géométriques : le triangle , le cercle et toutes leurs propriétés ne sont point des réaUtés hors de Tintelligence de Dieu et de la conception quil nous a donnée, tandis que l'espace, le temps et la cause suprême existeraient alors même qu'aucune pensée ne s'y appliquerait. En d'autres termes, l'espace, le temps et la cause sont des objets de perception ; les vérités géométriques et morales ne sont que des objets de conception. Les premiers objets ont une nécessité indépendante de l'intelligence humaine et même de l'intelligence divine; car si, par exemple , Dieu cessait un instant de penser à lui-même, cela ne suffirait pas pour l'anéantir; les vérités géométriques et morales sont des nécessités de notre pensée. Dieu, en nous créant , nous a forcés de les concevoir comme nous les concevons. Sont-elles aussi des nécessités de la pensée divine, ou Dieu pouvait-il ne pas concevoir, par exemple, le cercle et la justice? Sans vouloir résoudre cette question, nous dirons que, quand même les conceptions géométriques et les conceptions morales seraient des nécessités de Tentenùement divin, il n'en résulterait pas que ces choses eussent une existence indépendante de cet entendement, ce qui leur conférerait toujours une nécessité fort différente de celle qui appariient à l'espace, au temps et à la cause.
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Quant aux propositions telles que celles-ci : Il est impossible que la même chose soit et ne soit pas, etc., nous nous proposons de montrer qu'elles sont de vaines tautologies dont l'attribut répète le sujet ; qu'elles ne contiennent d'autre nécessité que celle de ne pas nous contredire nous-mêmes et qu'elle ne se distinguent pas des propositions qui expriment les connaissances fournies par l'expérience. Ainsi, pour nous, toutes les vérités dont l'objet est nécessaire sont celles qui concernent l'espace, le temps et la cause. Nous avons vu que les axiomes de la substance et de la causalité rentrent dans ces vérités. Les propositions géométriques et les propositions morales n'ont qu'une nécessité intérieure à la pensée, et nous en traiterons plus loin^ Les propositions tautologiques qu'on a en vain tenté d'élever au-dessus de l'expérience et qui ont provoqué les justes attaques de l'école de Locke , seront analysées dans le tableau des principaux systèmes sur les facultés intellectuelles *.