Encyclopédie, I. X, p
Nous ne reviendrons pas sur cette question , que nous avons^ amplement traitée dans un autre ouvrage; nous demandons h permission d'y renvoyer le lectew *, Nous rappellerons seulement ici que le résultat de nos recherches est que certains nerfs nous paraissent être les organes de la perception des choses matérielles et certaine partie du cerveau Finstrument de la réminiscence de ces objets.
Les perceptions et les réminiscences sont en nombre égal. Les secondes nous représentent donc l'étendue et la forme tangible et toutes les connaissances qui en sont composées ', la résistance et ses divers degrés, l'étendue et la forme de la couleur et les connaissances qui en dérivent ' ; les sons de difTérente nature, tels que les intonations, les articulations, le timbre et les phénomènes qui en sont formés ^, enfin les odeurs et les saveurs.
La réminiscence d'un objet est facilitée par l'absence de tout objet semblable. Pour nous mieux retracer une image, nous sommes portés à fermer les yeux; pour nous représenter une voix, nous avons besoin du silence. C'est le manque de toute perception qui fait la vivacité de la conception du rêve '.
Nous avons vu comment le toucher peut nous faire connaître à la fois plusieurs corps, la vue plusieurs couleurs, l'ouie plusieurs sons, la conscience plusieurs actes de notre âme; la notion du nombre nous est donc fournie à la fois par les sens et la conscience; mais, dans la réminiscence , le nombre est plus souvent lié aux objets des sens extérieurs qu*à ceux du sens intime, et parmi les premiers, plutôt aux objets de la vue et de l'ouïe qu'à ceux des autres sens. La réminiscence n'em^ brasse cependant pas avec netteté un grand nombre de choses visibles. Nous nous représentons bien les figures depuis le triangle jusqu'à l'octogone , mais l'ennéagone n'offre pas à
1. Voy. la Psychologie et la phrénoloffie comparées, p. 139-1S9.