Voy. plus haut, p
IIS GONCIPTIONS OU LA SBGÛNDI PARTI! DES CONNAISSANCES. 2Ôâ
notre réminiscence une figure facile à distinguer d'avec l'octogone.
Les points marqués sur les dés et sur les cartes ne dépassent pas le nombre de dix ; un plus grand nombre excéderait le pouvoir de notre conception ou réminiscence. Pour nous représenter le nombre dix, nous le divisons par la pensée en deux groupes de cinq. Le nombre cinq nous donne un groupe de deux et un groupe de trois ; le nombre quatre nous donne deux groupes de deux. Dans la lecture de la musique, nous unissons mentalement les notes en groupes de deux ou de trois; lorsqu'un temps contient douze triples croches, nous les divisons dans notre esfirit en trois groupes de quatre notes ou en quatre groupes de trois notes, et nous avons dit que le nombre quatre se résout lui-même en deux groupes de deux. De même, lorsqu'un général veut compter les rangs d'un régiment et les hommes de chaque rang, il les divise mentalement par groupes de deux ou de trois. Pour peindre dans notre imagination des nombres considérables, nous sommes obligés de faire des groupes de groupes distribués par trois.
Lorsqu'au lieu de nous représenter de^ unités visibles, la réminiscence nous retrace des sons, nous les groupons aussi par deux et par trois, pour les compter de mémoire. Le nombre trois parait donc être la limite de notre réminiscence pour le nombre, puisque, si nous voulons nous représenter un nombre supérieur, nous le subdivisons dans notre pensée en groupes de deux ou de trois. Voilà pourquoi sans doute le nombre trois est le nombre favori de la conception humaine, et reparait même dans les fictions des arts et de la poésie. Jupiter porte le triple foudre; l'arme de Neptune est le trident; le chien des Enfers a trois têtes; les Grâces, les Parques et les furies sont au nombre de trois; trois fois trois forment le nombre des Mpses. Les anciens adoraient la triple Hécate. Suivant Servius, Apollon était aussi un dieu triple, et les pythagoriciens consacraient le nombre trois au Dieu suprême, qui est le commencement, le milieu et la fin de toutes choses ^ Enfin Virgile,