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différences bien plus petites encore ^ » Le plus grand nonobre des hommes est loin d'une pareille exactitude dans Téiraliiation de la durée ; mais suivant la remarque du même philosophe, beaucoup de nos erreurs sur la longueur du temps doivent être imputées à notre négligence. Pour apprécies* de longs intervalles, il faudrait les subdiviser par des phénomènes de courte durée, comme des pas ou des sons^ et prendre la peine de compter ces phénomènes. On se plaint que le temps nous paraisse de longueur inégale dans la joie et dans la tristesse ; mais c'est qu'alors on ne s'impose pas le soin de le mesurer. « Dans ces heures qui s'écoulent si rapidement ou si lentement, dit encore M. Royer-Collard , faites un pas, appelez quelqu'un , le moment rempU par cet acte ne vous parait ni plus long ni plus court que de coutume^ »
$ 4. La réminiscence est une abstraction.
La perception nous donne toujours à connaître plusieurs objets à la fois. La main, par exemple, nous fait percevoir en même temps l'étendue, une partie de la forme ou des limites du corps et la température ; l'œil ne nous transmet jamais une étendue sans couleur, ni une couleur sans étendue, ni ni une étendue sans limites. La conscience nous montre souvent en nous tout à la fois plusieurs certitudes, plusieurs croyances, plusieurs plaisirs, plusieurs peines, plusieurs résolutions. Mais la réminiscence nous reproduit toutes ces choses une à une, et nous permet d*y songer séparément. Elle fait spontanément de$ abstractions, c'est-à-dire qu'elle sépare les objets qui sont unis dans la nature des choses, et qui s'offrent quelquefois ensemble dans la perception.
n y a, comme nous l'avons dit, deux sortes d'abstractions, celle de la réminiscence et celle que produit l'attention : celle-ci a lieu dans la perception, celle-là dans la conoep-
1. Fragments de M. Royer-Gollard , dans la traduction des Œuvres de Heid, par M. Jouffiroy, t. IV, p. 404.