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LES GONCErnONS ou LA SEœNDË PARTIE DES CONNAISSANCES. 293
proie, que cet autre qui s*enrouilau fond d'un cralèrc de sable et attend que sa victime y tombe, ou celui qui s'enveloppe de grains de blé', n'aient pas d avance l'idée vague d'un abri, d*une retraite, et le désir de la trouver. L'illustre-Georges Cuvier disait : « Quelques animaux ont dans leur sensorium des images qui les déterminent à agir. C'est une sorte de rêve ou de vision qui les poursuit toujours. On peut les regarder comme des espèces de somnambules*, » Si Bossuet pense avec raison que Dieu a enseigné aux hommes le labourage et l'art pastoral. Dieu ne leur a-t-il pas donné cet enseignement en leur inspirant une sorte de pressentiment de ce qu'il arriverait, s'ils confiaient des grains à la terre et s'ils établissaient leur empire sur les animaux'? Ne serait-ce pas de la môme manière que l'homme aurait été conduit à se procurer le feu si indispensable à son existence sur cette terre. £n frappant sur les arbres, en frottant rapidement et fortement les branches les unes contre les autres, n'avait-il pas une sorte de divination qu'il allait faire paraître un élément nouveau? Les anciens poètes ont eu la même pensée que Bossuet, lorsqu'ils ont supposé qu'un demi-dieu qu'ils ont appelé le Prévoyant, le Divinateur , le Prométhée^^ avait appris à l'homme la ruse, le stratagème et Fart de faire le feu*. Us n'ont pas prétendu dire que cette révélation n'ait pas été faite par le don de quelque faculté naturelle, car ils ajoutent que ce même Prométhée a donné à l'homme l'idée de l'avenir. Avant le Révélateur, disent-ils, l'homme connaissait le présent et le passé, mais il n'avait pas l'idée que les ehoses présentes et passées dussent continuer d'exister. C'est Prométhée qui lui donna cette croyance , c'est-à-dire cette faculté intellectuelle. Les conceptions qui accompagnent les instincts pouvaient donc être aussi, aux yeux des anciens, l'effet de quelques facultés naturelles. Hais laissons de côté ces conjectures et continuons de nous occuper de conceptions a priori qui seront moins contestées.