Ihid,, liv. n, chap. xvi
cause de lu théorie trop étroite qu*il avait adoptée sur les facultés intellectuelles. Nous lui avons empiiinté une grande partie de nos remarques sur Tespace et le tenips absolus, et cependant il avait cru pouvoir attribuer la notion de l'espace nécessaire h la sensation, et celle du temps pur à la conscience ou h la réflexion * .
L'école de Descartes a enseigné, comme celle de Platon, que l'objet des inathématiques ne tombe pas sous les sens. «Il n'y a pas dans la nature, écrit Descartes, de figures géométriques perceptibles aux sens'.» Malebranche dit de son côté : « Nous ne pouvons distinguer exactement si une ligne est droite ou non, principalement si elle est un peu longue; il nous faut pour cela une règle. Mais quoi! nous ne savons pas si la règle môme est telle que nous la supposons devoir être, et nous ne pouvons nous en assurer entièrement. Cependant, sans la connaissance de la ligne, on ne peut jamais connaître aucune figure, comme tout le monde le sait*. » Leibniz établit à son tour que la force de la démonstration gécmiélrique est indépendante de la figure tracée sur le tableau ; que celle-ci n'est que pour fixer l'attention *, qu'il faut distinguer les images da^ ecles idées exactes, et que ces dernières fondent les définitions ^ Dans un îuitre passage, il s'attache à montrer que le point sans étendue et l'instant sans durée ne font pas partie du temps et de l'espace réel, lesquels ne contiennent rien (pii soit sans durée ou sans étendue, et que le point et l'instant ne sont, comme l'unité arithmétique, que de pures conceptions mentales sans aucune réalité extérieure. Enfin Fénelon a éciit sur l'unité une belle page que nous devons citer. « Mais par où est-ce que je puis connaître quelque unité réelle? Je n'en ai jamais vu, ni même imaginé parle rapport de mes sens. Que je prenne le plus subtil atome, il faut (pi'il ait une figure, une longueur, une largeur et uneprofon-