Traité âes émics
respect dû aux autorités naturelles et se divise en piété filiale et pieté religieuse. Le bien qui dépasse la justice constitue la bienfaisance, la générosité, le dévouement ; cette division des f. vertus remonte îi l'antiquité ^ . '^
Le nombre des vertus n'esl pas arbitraire : il résulte des éléments mêmes de notre nature. Ces éléments sont la faculté motrice, les inclinations, la volonté et rintelligence. La conception morale n'avait rien à nous prescrire quant à la nature de nos facultés, que nous ne pouvons pas modifier, mais seulement quant à Icui* usage. Nous verrons plus loin que le préceplo de respecter noire liberté, auquel certains philosophes veulent réduire toute la morale, est une règle inutile, car à quoi bon nous ordonner de respecter ce que nous ne pouvons violer? il n'est pas en notre pouvoir de détmire ni même de diminuer notre liberté-. Nos facultés se déploient d'abord d'elles-mêmes : sur cet exercice involontaire, la conception morale n'avait rien a nous ordonner. Elle ne pouvait régir que l'emploi volonlaire de nos facultés. La volonté n'agit point sur elle-même, mais seulement sur les autres facultés; c'était donc seulement celte action que la conception morale pouvait régler. Or, elle ordonne à la volonté 1° d'éclairer rintelligence, ce qui constitue la sagesse; 2° de régler les modes de l'inclination ou les passions^ ce qui foi-nie la tempérance e\
le courage; 3** de diriger notre faculté motrice de manière à ne pas nuire, à rendre à chacun ce qui lui est dû, à s'acquitter même des services qui ne sonl pas obligatoires, ce qui établit \*i justice, \a piété ei la charité.
Ainsi , il y a les vertus de rintelligence, celles de Tinclina-
1. Les anciens appelaient la sagesse ou la recherche de la vérité : 909(1, ffudentia, indagatio veri ; la tempérance : èY^pàTsta, <rw9po<iuvr„ temperantia, décorum; le courage : àvSpsia, fortitudo, animi inagnitudo. Ils nommaient la piété : eOffsêeia, yovécov 0£pa7:£ia, erga Deum et parentes pietas» Enfin ils ne séparaient guère la justice et la bienfaisance. Cicéron attribue souvent à l'une ce qui appartient à Tautre, et c'est la réunion de ces deux vertus que les anciens ap[»ellent Stxaiooruvr,, sOspY£<yia , jusfi7ia, Uheralitas, heneficentia, societas tuenda, Voy. les ^fémoires de Xénophon , et le de Offidis de Cicéron.