‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 185 sur 318 · Traité âes émics · texte numérisé non relu

Traité âes émics

respect dû aux autorités naturelles et se divise en piété filiale et pieté religieuse. Le bien qui dépasse la justice constitue la bienfaisance, la générosité, le dévouement ; cette division des f. vertus remonte îi l'antiquité ^ . '^

Le nombre des vertus n'esl pas arbitraire : il résulte des éléments mêmes de notre nature. Ces éléments sont la faculté motrice, les inclinations, la volonté et rintelligence. La conception morale n'avait rien à nous prescrire quant à la nature de nos facultés, que nous ne pouvons pas modifier, mais seulement quant à Icui* usage. Nous verrons plus loin que le préceplo de respecter noire liberté, auquel certains philosophes veulent réduire toute la morale, est une règle inutile, car à quoi bon nous ordonner de respecter ce que nous ne pouvons violer? il n'est pas en notre pouvoir de détmire ni même de diminuer notre liberté-. Nos facultés se déploient d'abord d'elles-mêmes : sur cet exercice involontaire, la conception morale n'avait rien a nous ordonner. Elle ne pouvait régir que l'emploi volonlaire de nos facultés. La volonté n'agit point sur elle-même, mais seulement sur les autres facultés; c'était donc seulement celte action que la conception morale pouvait régler. Or, elle ordonne à la volonté 1° d'éclairer rintelligence, ce qui constitue la sagesse; 2° de régler les modes de l'inclination ou les passions^ ce qui foi-nie la tempérance e\

le courage; 3** de diriger notre faculté motrice de manière à ne pas nuire, à rendre à chacun ce qui lui est dû, à s'acquitter même des services qui ne sonl pas obligatoires, ce qui établit \*i justice, \a piété ei la charité.

Ainsi , il y a les vertus de rintelligence, celles de Tinclina-

1. Les anciens appelaient la sagesse ou la recherche de la vérité : 909(1, ffudentia, indagatio veri ; la tempérance : èY^pàTsta, <rw9po<iuvr„ temperantia, décorum; le courage : àvSpsia, fortitudo, animi inagnitudo. Ils nommaient la piété : eOffsêeia, yovécov 0£pa7:£ia, erga Deum et parentes pietas» Enfin ils ne séparaient guère la justice et la bienfaisance. Cicéron attribue souvent à l'une ce qui appartient à Tautre, et c'est la réunion de ces deux vertus que les anciens ap[»ellent Stxaiooruvr,, sOspY£<yia , jusfi7ia, Uheralitas, heneficentia, societas tuenda, Voy. les ^fémoires de Xénophon , et le de Offidis de Cicéron.

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