Yoy. la Morale sociale, par Ad. Garuier, p. 4 et
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mérite; le mérite et le démérite ont nécessité la distinction du devoir et du dévouement. Celte distinction se rattache à la conception idéale de la vertu. Enfin la loi écrite a besoin de la loi non écrite ; la lettre n'a de valeur qu'autant qu'elle est l'expression de J esprit.
L'intelligence de l'homme ne ressemble pas , comme le dit quelque part Aristote, à des tablettes sur lesquelles il n'y a rien d'écrit*, ou comme Ta dit I^ckc, à un papier blanc*; ce n'est pas un écho, un reflet, un pur miroir de la natui'e extérieure. L'homme conçoit des couleurs qu'il n'a pas encore vues, et d'après lesquelles il j uge celles qu'il voit ; il réforme les sons des instruments sur les sons qu'il entend dans sa pensée; il impose à la nature sensible les figures que produit son entendement; enfin il réforme la nalure morale sur les modèles fournis par son esprit. 11 ressemble donc à des tablettes sur lesquelles seraient marqués des caractères originaux, à une pierre de marbre dont les veines intérieures formeraient des figures, suivant l'expression de Leibniz*, à un miroir qui produirait des représentations spontanées. Cicéron disait que si l'on brisait un bloc de marbre, on pourrait trouver dans ses veines quelques-uns des traits du visage humain , mais non une statue de Scopas*. L'intelligence de l'homme est ce bloc de marbre où se trouve toute laite la statue de Scopas.
1^ 5. Conciliation de la conccpliou morale et de la loi écrile.
Il y eut à Rome une secte de jurisconsultes qui prétendit s'en tenir à la loi écrite sans en chercher l'origine. C'était l'école de Sabinus. Elle combattait celle de Proculus, qui plaçait au-dessus de la loi l'idée du droit ou de la justice. On dit encore aujourd'hui, dans la cause des Sabiniens, qu'il n'y a pas pour l'esprit de conception antérieure à la vue de la loi écrite; que le mot loi signifie ce qui se lit; que les mots droit