De Officiis, lib*. I, cap. xi
demande qiie les esclaves soient traités comme des oïlyriers gagnant leur salaire * ; il dit que, pendant une cherté, Thuinanité, humanitas, commande de nourrir nos esclaves au péril même de nos enfants * ; il ne donne d'autre borne à la bien-* ftiisance que le respect de nos devoirs envers l'État et la famille* ; il avance que Thomme est engagé à servir Thomme par le seul lien de Thumanité *; il ne veut pas qu'on fasse le moindre mal , sous l'apparence de Tutilité publique ■ ; il enseigne que le plus honnête homme est celui qui, ne nuisant à personne, rend le plus de services •, et il déclare que la vie d'Hercule, qui «e dévouait au service de ses semblables, est plus convenable à la nature humaine qu'une vie passée dans la mollesse et les délices''. Ce progrès delà morale amène nécessairement un progrès dans la religion. Cicéron admet l'existence d'un seul Dieu providentiel , ami de tous les hommes , distribuant les récompenses sans acception de personne , ne tenant compte que de la vertu ^, et il étale la ruine des vieilles superstitions en se riant des augures®.
Telle est la marche de l'esprit humain : à mesura que les passions grossières s'apaisent, la conception morale s'éclaircit, et notre idée de la divinité s'épure. Socrate fonde la science morale, et il ébranle les fondements des superstitions religieuses de son temps. Aux devoirs envers la cité et la patrïe Cicéron ajoute les devoirs envers Inhumanité, et il montre nu doigt les augures. L'homme se fait un Dieu à son image. Plus a s'affranchit de ses passions, plus il perfectionne la conception idéale de la vertu , mieux il se représente la perfection ^vine; tant vaut la morale, tant vaut la religion.