‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 2 sur 318 · Voy. le Dietiennaire des Synonymes · texte numérisé non relu

Voy. le Dietiennaire des Synonymes

h, Voy, i^tift Mn, livre l^, eb^p. r pi ii.

hors les unes des autres, comme Tespace, le temps, un son, un corps envisagé suivant son étendue ; ou des touts complexes, dont les qualités ou attributs existent dans le même point de Tespace et du temps, comme Tâme, Dieu , ou même un corps envisagé suivant les propriétés dont il esidoué. L*idée de plusieurs parties continues ou de plusieurs attributs d'un même être est une idée composée ou complexe, ou encore concrète; ridée d'une seule partie ou d'une seule qualité est une idée simple, incomplexe, ou encore abstraite, parce que la partie ou la qualité à laquelle elle se rapporte est comme séparée ou abstraite des autres.

Nos perceptions sensitiyes ne sont jamais absolument sim* pies : elles saisissent toujours plusieurs parties ou plusieurs qualités à la fois. Le toucher ne nous fait pas percevoir un point indivisible; Tœil perçoit plusieurs parties en même temps ; le regard le plus concentré ne peut arriver à saisir une étendue indivisible. Le son perçu dure plusieurs instants; le son qui ne dure qu'un instant indivisible, s'il y en a, est pour nous imperceptible. De plus, nos sens ne perçoivent pas rétendue sans la couleur ou sans le tangible, ni la couleur ni le tangible sans l'étendue. D'une autre part, la conscience nous fait toujours percevoir en nous-mêmes plusieurs phénomènes à la fois. Toute perception est donc plus ou moins composée; elle n'est que relativement simple ou abstraite.

Nos conceptions peuvent être plus simples que nos perceptions. Nous pouvons penser à la longueur sans penser à la largeur, quoique nous ne puissions percevoir l'une sans l'autre ; mais nos conceptions n'arrivent jamais aune entière simplicité ; ridée même du point géométrique n'est pas une idée shnple, car elle contient la négation de la longueur, de la largeur et de la profondeur.

Les croyances sont plus ou moins complexes, selon qu'elles embrassent une quantité plus ou moins grande des attributs d'un objet.

Ainsi, les idées sont simples ou composées, abstraites ou concrètes, incomplexes ou complexes, suivant qu'elles s'appliquent à une ou plusieurs parties, à une ou plusieurs qualités

du même objet. Plus Tidée renferme de parties ou de qualités d'un même objet, plus elle a de compréhension. Le physicien possède sur l'or une idée plus complexe que le vulgaire, parce qu'il connaît un plus grand nombre des qualités de ce métal.

Les êtres , par leurs qualités, sont semblables ou dissemblables. Les êtres semblables composent ce qu'on appelle une classe, comme, par exemple, les hommes. Semblables par une qualité , ils peuvent difiërer par une ou plusieurs autres : la classe alors se subdivise. Une classe qui en renferme d'autres s'appelle un genre ; une classe contenue dans une autre s'appelle une espèce. La classe des hommes est un genre par rapport aux noirs et aux blancs qui sont des espèces. Une même classe peut être genre par rapport aux classes qu'elle contient, espèce par rapport à la classe où elle est contenue. Les blancs sont une espèce relativement au genre des hommes, et un genre relativement aux Européens, aux Asiatiques, etc., qui sont des espèces du genre des blancs. Dans^uue classe, soit genre, soit espèce , on peut considérer ou la classe entière, comme les hommes, ou un seul individu, conune un homme, ou plusieurs individus de cette classe, c'est-à-dire une partie seulement de la classe , comme quelques hommes. Dans le premier cas, l'idée est dite générale ou universelle; dans le second, singulière ou individuelle; dans le XTOiàhm^y particulière. Plus est grand le nombre des individus ou des objets concrets auxquels s'applique une idée, plus elle a à' extension. L'idée du genre est plus étendue que celle de l'espèce, et celle-ci plus que l'idée de l'individu.

La compréhension d'une idée se mesure par le nombre des parties ou des qualités de l'individu auquel elle s'applique; l'extension se mesure par le nombre des individus ou des objets concrets, compris dans l'idée. Les hommes ont un certain nombre de qualités communes, comme de se mouvoir, de percevoir, etc., et il y a environ huit cents millions d'hommes sur la terre : le premier chiffre exprime la compréhension de l'idée d'homme, le second en exprime l'extension. Plus les classes sont grandes, plus est petit le nombre des qualités communes

6 LIVRB SIXIÈHH, «CTIOlf PRBMIÉRB.

atin indiYidus qu'elles contiennent < La eompféhension de Fidée diminue à mesure que son extension augmente ^ et réciproque^* rneiit. Un individu a un grand nombre de qualités qui lui sont propres ^ qu'il ne partage ayec personne i c'est pur là qu'on le distingue des autres. Il a donc , indépendamment des qualités qui lui sont Communes aveci l'humanité^ de celles qu'il partage avec les gens du même payë^ aVec les membres Aé iâ famille^ des qualités individuelles. L'idée d'un individu est eti eonséquenoe l'idée la plus complexe, eh même temps qu'elle est la moins étendue. Au contraire ^ l'idée de l'être est la plus étendue j puisqu'elle convient à tous les objets^ et là moins eomplexe^ puisqu'elle n'exprime qu'uti seul élément de chaque objet;

Les mots qui expriment les idées sont appelés termes con'> crets ou abstraits, composés ou rithples^ singUliet^ ^ partieu^* tiers ou généraux, suivant qu'ils signifiât des Idées auxquelles appartiennent des différentsi caractères.

$ 3. Leis faits intellectuels é6nsidê^és stiiVàHt léui^ faiddé.

Les idées considérées suivant leur mode , oU suivant la ttis^ nière dont elles s'appliquent à leur objet sont : V complètes oU incomplètes ; S"" claires ou obscures ; 3° distinctes ou confuses.

Il est facile de comprendre la première division : une perception ou une conception complète^ ou^ comme le dit Locke, acféiqnaie à son objet, serait celle qui s'appliquerait à tout ce qui existe dans Tobjet. Le physicien a une connaissance de l'or moins incomplète que le vulgaire , mais peut-il se flatter d'eii avoir une connaissance complète? Il est probable que nous n'avons aucune connaissance complète. Maiscette impei'fection^ loin de nous faire mépriser les connaissances que nous avons acquises , comme le veulent les sceptiques, doit nous pousser au contraire à en acquérir de nouvelles»

Les deux autres divisions se ramènent à là première. En effets une connaissance obscure est une connaissance incomplète. Le géomètre « dit-on» a ime conception daire du triangle , l'ignorant n'en a qu'une conception obscure : l'obscurité

LBS PERCEPTIONS OU U PâBMlftllS PAATIl P^ OONNAISSANGES. 7

Tient ici de Tignoronce , car la coniiaissance du triangle 8'4claircit à mesure qu'elle se complète. Elle ne parait même obscure qu'à celui qui la possède incomplètement» et qui en*» trevoit des parties qu'il ne connaît pas ou qu'il ne se rappelle pas. Un souvenir obscur est aussi un soiirenir incomplet.

Quant à la troisième division, on dit que la distinction et la confusion supposent des parties dans l'objet , tandis que la clarté et l'obscurité supposent un objet simple. Mais un objet simple ne peut être plus ou moins connu : il est connu ou Ignoré. A un objet simple il ne peut correspondre qu'une seute idée» qui l'épuisé tout entier. C'est en ce sens qu'on disait dans l'école : « A chaque objet chaque idée; » ou en d'autres termes à an seul objet simple, il ne i^époad dans l'esprit qu'une seule idée^ . La réfleidcHi nousapprendm que beaucoup d'objets, pris pour sira]^, sont composés, et qu'une idée ne s'éclaircît qu'en distinguant les parties de son objet , et ne les distia* gue qu'en devenant plus ccMopiète. On dit qu'au premier ooup d'œil jeté sur un tableau nous en prenons une connaissance confiise, et que le temps et l'attention ia raident distincte ; on dirait plus exactement que nous en prenons d'abord une oonnaissaaoe incomplète, et que le temps et l'attention wkmr ONit la complétar. Nous arrivons i connaître im tabieaii à peu près OHume le peintre le compose : nous aperoeituns d'iJpord «se étendue indéikerBiinée , mie oMleur vagne; m iseoond oû«p d'<Bil no«is £ût saisir les Ëmites des oouleuis principiles; un troisième, les limites des leioles seoondaiiias; tshaipie ooimaissMoe moc^me test oomme m mmyemi oo^p de pinceau «qui éétermine tel ou tel objet. Ia snémoixe sait te 9»archê de la peroeptian : si nous ^^oulens nous ivfqpder im BioniMi^it^ nous nous refvésentens d'abord une étesdiie et tme ^couleur indémse ; un second souvenir «détermine ies He»les de t'iétendue, «m trotsième , les MOtoces de la iccmkmt, «on qsatrîèmè, les ttgues principales de i'iédi&)e^ ftpà se (peint -ainsi peu è peu dan» »9tre iesfMrit oonfiine 11 lae peindrait sur kt toile. Dans ces exemples, nous voyons des peroeptions ett<des

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