Voy. plus ioiOi même livre, sect. lu, chap. u
LES œNCBPTIONS 00 LA SECONDE PABT1E DES CONNAISSANCES. 341
n s'en faut donc de beaucoup que nous refusions de reconnaître Tefficacité de renseignement, et particulièrement le pouvoir de l'éducation morale; nous pensons même qu'il serait possible de donner à celle-ci plus de déyeloppement qu'on ne le fait d'ordinaire. De ce que nous avons naturellement la faculté de voir et d'entendre , il n'en résulte pas que l'attention et l'exercice ne perfectionnent pas chez nous l'ouïe et la Tue ; de ce que la mémoire est une faculté naturelle, il ne s'ensuit pas qu'elle puisse se passer de culture. La conception morale se fortifie et s'étend , comme toutes les facultés intellectuelles , par l'exercice et l'attention, n faut nous exercer, dit Cicéron, à devenir bons raisonneurs en morale*, et pour cela réfléchir non sur l'assassinat, l'empoisonnement, le faux, le vol , le péculat , qui sont plutôt Tobjet des fers et des cachots que de la discussion et de la philosophie , mais sur ces actions délicates où le vulgaire n'aperçoit point le mal , et que se permettent des gens qui passent pour honnêtes*. Ces actions donnent lieu à des questions épineuses dont le philosophe romain remplit tout le troisième livre de son Traité des devoirs. Il faut surtout joindre la pratique à la théorie, accoutumer les enfants à respecter dans leur conduite les moindres intérêts d'autnii , à prendre de l'empire sur eux-mêmes et à pratiquer la bienfaisance; les fortifier dans cette conduite par la lecture des histoires qui contiennent des actes de vertu, et principalement par le spectacle des bons exemples. Pythagore nous enseigne l'art de travailler toute notre vie à notre amélioration morale, par une revue journalière de notre conscience, et Franklin joint au conseil de Pythagore celui de consacrer successivement un jour à chacun des défauts que nous voulons combattre en nous , afin de ne pas diminuer nos forces en les divisant contre plusieurs ennemis à la fois.
Nous reconnaissons donc et nous proclamons à haute voix le pouvoir de l'enseignement, de Tinstruction et de l'éducation , pour toutes les sciences et en particulier poUtla morale,
!• Boni raUoeinatores.