De Offieiis^ liv. \U, chap. xvni
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mais nous persistons à dire que la parole ne peut transmettre, par elle-même, aueune vérité immédiate ; que Téducation ne peut rien créer; qu'eUe a besoin de s'appuyer sur certains principes qu'elle ne fait pas et qu'elle trouve tout faits dam Tesprit; qu'elle n'invente pas plus les axiomes de la morale que ceux de la géométrie ; que, si elle les inventait, elle pom^ rait en donner d'autres à son gré ; que, de même qu'elle ne parviendrait pas à propager une fausse géométrie, elle ne parviendrait pas non plus à fausser les principes de la morale. Chez certains brigands de l'Inde S les pères, pour dresser les enfants au vol et à l'assassinat, s'appuient sur le droit de lalégitime défense, sur le devoir envers les membres de la même tribu ; ils ne trompent leurs fils que sur les intentions des membres de la grande société en dehors de laquelle ils vivent, mais non sur les principes de la morale '. Les vérités morales sont donc comme toutes les vérités primitives : la parole ne peut les transmettre. « A proprement parler, dit Bossuet, d'après saint Augustin, un homme ne peut rien apprendre à un autre homme, mais il peut seulement lui faire trouver la vérité qu'il a déjà en lui-même, en le rendant attentif aux idées qui la lui découvrent intérieurement, à peu près comme on indique un objet sensible k un homme qui ne le voit pas, en le lui montrant du doigt et en lui faisant tourner ses regards de ce côté-là '. »
Aussi le pieux Nicole n'a*t-il pas fait difficulté de dire : « Mais la révélation extérieure ne sert de rien, si Dieu n'éclaire intérieurement nos esprits, s'il ne luit en eux comme vérité et comme lumière, et s'il ne leur découvre la beauté de la justice. Et c'est pourquoi il est dit qu'il y a une véritable lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde \ »