let Phauségart
2. Tableau pittoresque de Vlnde^ traduit de Tanglais du révér. H. Cauntel^, par Urbain.
S. Logique, HV. I**, ohap. txxvii, édil. de Lens» p. 818* 4. « Erat lux vera qu» illuminât omnem hominem venientem in hune mundum. » Essais de morale, édit. de 1755, t. I*% p. 80.
LSS CONCEPTIONS OU LA 8EC0NDB PARTIE DBS CœVNAISSANGES. 343 S 6. Universalité des principes de la morale.
Ceux qui considèrent le christianisme comme la révélation d*une morale nouvelle, ne comprennent pas le véritable caractère du christianisme, fis sont, à leur insu, de l'avis de Bentham, qui ne regardait la religion chrétienne que comme un moyen de police, et les prêtres que comme des professeurs de morale. Le christianisme remplit une autre mission : il a pour but de répondre, d'une manière positive et par une révélation expresse, aux questions que Thomme s'adresse sur son origine et sur sa fin, sur la nature et sur les attributs de Dieu, sur les rapports de la créature et du créateur. Les chrétiens reprochent aux philosophes anciens, h Socrate, à Platon, à Sénèque, à Épictète, de n'avoir fait qu'entrevoir l'immortalité de l'âme, d'avoir hésité dans leurs démonstrations, et ils promettent la vie éternelle comme le digne prix de la mort d'un Dieu^ Ils se distinguent des philosophes en ce que ceux-ci ne marchent qu'à la clarté des lumières naturelles, tandis que ceux-là s'appuient sur une révélation explicite, en faveur de laquelle ils invoquent les miracles, les prophéties et la doctrine *. Hais les chrétiens ne viennent point prêcher une morale nouvelle, ils donnent seulement de nouveaux motifs de la mettre en pratique. Ils annoncent la proximité du dernier jugement et la nécessité de faire immédiatement pénitence. « Tous les commandements, disent-ils, sont compris en abrégé dans cette parole : Vous aimerez le prochain comme vousmême... Acquittons-nous donc de cet amour, et d'autant plus que nous savons que le temps presse et que l'heure est déjà venue de nous réveiller de notre assoupissement... La nuit est déjà fort avancée et le jour s'approche. Quittons donc les œuvres de ténèbres et revêtons-nous des armes de lumière. Marchons avec bienséance et honnêteté comme on marche du-
1. Pascal, Pentées, édit. Faugères, t. I*% p. 364 au bas; t II, p. 91, 98. Nleole, Euais de memfo, édiU 1766, U !•% p. «s. 3. Pascal, Pensées, édit. Faugères, t. II, p. 234.
344 L1YRS SIXIÈMV, SECTION DEUXIÈME.
rant le jour. Ne tous laissez point aller aux débauches ni aux ivrogneries, aux impudicités ni aux dissolutions, aux querelles ni aux envies, etc. * »
« La raison et la révélation, dit une autorité presque sainte^ ne sont pas deux sources opposées , desquelles s'écoulent des pensées et des opinions contraires. Ce sont deux sources d'où nous viennent les mêmes vérités morales et religieuses. Ce sont deux émanations du même père de lumière, duquel émane tout don parfait; deux paroles prononcées par le même Dieu de vérité, qui ne peut mentir ni se démentir. Sauf les mystères. . . Dieu n'a rien révélé à l'homme que sa raison ne puisse justifier. Il possédait déjà, dit saint Augustin, la vérité dans son cœur, mais il ne la lisait plus dans cette partie intime de lui-même : Dieu l'a écrite en caractère matériels. Il n'entendait plus la]voix de Dieu dans sa conscience; Dieu lui a parlé extérieurement, afin de le frapper par le concert de ces deux voix. Il fuyait une vérité importune : Dieu l'a environnée d'un plus grand éclat, afin de la lui faire admirer. Dieu a incliné son cœur à l'aimer, a rendu sa volonté plus forte pour l'y attacher et la lui faire réaliser dans sa vie. Saint Paul ne dit pas aux philosophes païens : Vous n'avez pu connaître Dieu : il leur dit au contraire vous avez connu Dieu et vous ne l'avez pas glorifié. Il ne leur dit pas : vous avez ignoré sa loi, et vous étiez à ce sujet dans une ignorance invincible, mais il leur dit : les païens, qui n'ont point de loi révélée, font naturellement ce que cette loi prescrit; ils en trouvent les règles au dedans d'etujc^mémes; elle est gravée dans leur cœur ; elle reçoit le témoignage de leur conscience. Dieu sera juste quand il en vengera la violation '. »
Le précepte de la charité était déjà dans la loi de Moïse, et dans les maximes des sages de la Grèce. « Tu n'exerceras pas de vengeance, disait Moïse, tu ne garderas pas de ressentiment