CRITIQUE DES FAUSSES THÉORIES SUR LA RÈGLE DES MŒURS
S l*'. LA DOCTRINE DE L*INTÉRÊT : HOBBES , LOCKE ET BENTHAM, — S 3. LA DOCTRINE DE LA BIENVEILLANCE : BUTCHESON ET DAYID HUME. — $ 3.. U DOCTRINE DE LA SYMPATHIE : ADAM SMITH. — $ 4. DES THÉORIES QUI RENFER- MENT TOUTES LES PRESCRIPTIONS DE LA MORALE EN UNE SEULE, — $ 5. RÉSUMÉ SUR LES CONCEPTIONS IDÉALES.
S 1*'. La doctrine de Tintérêl : Hobbes^ Locke et Bentham.
Quelques philosophes ont fait difficulté d'admettre une conception idéale comme règle de nos actions, et ils ont proposé d'autres principes de conduite que nous devons passer en revue.
Nous parlerons d'abord de ceux qui regardent Fintérét comme Tunique principe de nos actions. Les partisans de cette doctrine sont, dans l'antiquité, le sophiste Protagoras , Aristippe et Épicure , et , dans les temps modernes, Thomas Hobbes, Locke et Bentham. Protagoras, en professant que la sensation est notre unique instrument de science « rejetait toute connaissance dont l'objet n'est pas matériel , et toute conception purement idéale ^ Aristippe, partant du principe de Protagoras, n'admettait pour motif d'action chez les hommes que le plaisir et la peine causés par les choses sensibles. Épicure substitua au plaisir sensitif le plaisir intellectuel*. Mais la doctrine qui ramène à l'intérêt tous les motifs delà conduite humaine, a été développée avec plus d'étendue et de méthode par les philosophes modernes que
1. Platon, Théétète, édil. H. E., 1. 1", p. 151 et suiv. ; édit. Tauchn., t. !•% p. 241 et suiv.