‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 232 sur 318 · Diogène de Laërte, Vie d' Aristippe et Vie d'Épicure · texte numérisé non relu

Diogène de Laërte, Vie d' Aristippe et Vie d'Épicure

nous avons nommés; c*est dans leurs écrits que nous allons l'examiner.

Nous commençons par Thomas Hobbes. « La loi naturelle, dit-il, est le précepte de la droite raison touchant les actes que nous devons faire ou omettre , pour conserver aussi longtemps que possible nos membres et notre vie K Si nous considérons combien il est facile au plus faible de tuer le plus fort, nous verrons que personne ne peut se fier assez dans ses forces pour se regarder comme supérieur aux autres par droit de nature ; ceux qui ont un pouvoir aussi grand les uns que les autres sont égaux*. J*ai le droit d'user de tous les moyens nécessaires à ma conservation'. Dans l'état purement naturel, c'est-à-dire avant que les hommes se fussent liés les uns aux autres par aucune convention, il était permis à chacun de faire toute action envers toute personne, déposséder, d'user, de jouir à son gré et dans toute l'étendue de son pouvoir. C'est là ce qu'on exprime par cet adage vulgaire : La nature a donné tout à tous ; d'où Ton comprend que dans l'état de nature la mesure du droit est l'utilité*. Chacun ayant le droit d'attaquer et le droit de se défendre, l'état naturel des hommes, avant toute convention, c'est la guerre, mais une guerre de tous contre tous '. Quiconque est d'avis qu'il faut demeurer dans une condition où tout est permis à tous, se met en contradiction avec lui-même; car chacun, par une nécessité naturelle, désire son bien, et personne ne peut le trouver dans une guerre de tous contre tous. II faut donc que le droit de tous sur tout ne soit pas conservé, mais que certains droits soient transférés ou abandonnés. C'est agir contre les moyens d'établir la paix, et, par conséquent, contre la loi de la nature, que de ne pas se démettre de son droit sur toute chose ^ Mais il ne suffit pas à la sûreté publique que chacun

1. Elementa philosophica ; sectio tertia: de Civeliberta, caput. i, § l'^

Page 1