‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 233 sur 318 · Ibid., cap. n · texte numérisé non relu

Ibid., cap. n

378 LITRE SIXièUK, SECTION DEUXIÈME.

(le ceux qui vont former un État s'engage, par parole ou par écril, à ne pas tuer, à ne pas voler et à observer d'autres lois semblables; l'expérience prouve que, sans le secours du châtiment , la conscience de la promesse ne retient pas les hommes dans le devoir. La sécurité demande donc non des conventions , mais des punitions. On prend une précaution sufQsante, lorsque les peines instituées sont assez graves pour qu'il y ait clairement un plus grand mal à commettre le délit qu'à l'éviter; car tous les hommes, par une nécessité de leur nature, choisissent le moindre des maux^ J'appellerai le droit d'infliger les peines, le glaive de justice'. C'est en vain qu'on observe la paix entre soi, si l'on ne peut se défendre contre les étrangers, et cette défense n'est possible que si l'on unit ses forces; il est donc nécessaire au salut de tous qu'il y ait une assemblée ou un homme revêtu du droit d'armer, de réunir, en tout péril, autant de citoyens qu'il en sera besoin , suivant le nombre et la force variables de l'ennemi, et de conclure la paix toutes les fois qu'il conviendra ; et ce droit, que nous pouvons appeler le glaive de la guerre, appartient au même homme ou au même conseil que le glaive de justice '• Le droit du glaive n'est rien autre chose que le pouvoir d'user des armes à son gré : il suit de là que le jugement sur le bon usage du glaive appartient à celui qui le porte. Si, en effet, le pouvoir déjuger et celui d'exécuter se trouvaient en des mains différentes , on n'arriverait à aucun effet. C'est en vain que vous prononcerez un jugement, si vous ne pouvez le faire exécuter, ou si c'est un autre qui l'exécute : vous n'avez plus le droit du glaive , il est dévolu à cet autre dont vous êtes seulement le ministre. Le droit de juger appartient donc à celui qui porte les deux glaives, c'est-à-dire à celui qui possède le souverain pouvoir \ Comme il importe plus à la paix de prévenir les rixes que de les réprimer, et qu'elles naissent du dissentiment des hommes sur le tien et le mien,

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