td», cap% VI
te juste et Tinjuste, Tulile et le nuisible, le bien et le mal, l'honiiéte et le déshonnête et autres choses semblables , que chacun estime à son gré, le souverain pouvoir doit établir des règles communes à tous et les promulguer, pour que chacun connaisse ce qui est à lui et aux autres , ce qui est juste et injuste , honnête et déshonnête , bon et mauvais , c'est-à-dire, en un mot, ce qu'il faut faire et éviter dans la vie commune. Ces règles ou ces prescriptions sont appelées les lois civiles ou les lois de la cité, parce qu'elles sont les ordres de celui qui possède, dans la cité, le souverain pouvoir ^ Maintenant, il est manifeste que la volonté de faire ou de ne pas faire dépend de Topinion sur le bien ou le mal , sur la récompense ou le châtiment qui doit suivre l'action ou l'omission, de telle sorte que les actions de chacun sont régies par ses opinions. Ainsi , par une déduction nécessaire et évidente, il importe beaucoup à la paix commune que nulle opinion, nulle doctrine ne soit publiée, qui fasse croire aux citoyens qu'il ne leur est pas permis d'obéir ou qu'il est licite de résister aux lois de la cité , c'est-à-dire aux ordres de rhomme ou du conseil qui possède le souverain pouvoir. Si , par exemple , un chef commande une action sous peine de mort temporelle et qu'un autre la défende sous peine de mort éternelle, et chacun à bon droit, il s'ensuivra non-seulement que les citoyens pourront être punis quoique innocents, mais que la cité sera dissoute , car nul ne peut servir deux maîtres ; et celui auquel nous croyons devoir obéir par crainte de la damnation , est plus maitre que celui auquel on obéit par crainte de mort temporelle ; il s'ensuit donc que Thomme ou le conseil qui possède le souverain pouvoir a seul le droit de juger quelles sont les opinions et les doctrines ennemies de la paix et d'en défendre renseignement •. »
Telle est la doctrine de Hobbes. Si vous accordez à ce philosophe le principe qu'il pose, vous ne pouvez lui refuser aucune des conséquences qu'il en fait sortir. Si l'homme n'a pas une