‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 240 sur 318 · Traités de législation, U Hl, p · texte numérisé non relu

Traités de législation, U Hl, p

388 LIVRE SIXIBlilE, SECTION DEUXIÈME.

cela et cependant ne pratiquaient ni la tempérance, ni la justice, il répondait qu'ils ne le savaient pas bien, et que, s'ils le savaient bien , ils ne préféreraient aucune chose à la vertu. Enfin, il appelait la vertu le bien-vivre^, mot qui signifie en même temps le bonheur et la vertu, et en conséquence il pensait que toutes les vertus pouvaient se ramener à une seule qui était la science de la vertu et du bonheur, ou le savoir-vivre* i Gicéron, embrassant la doctrine de Socrate, déplorait qu'on eût séparé l'utile et l'honnête , et il consacrait le troisième livre de son célèbre traité de O/ficiis à prouver Tidentité de la véritable utilité et de la vertu. 11 disait que tout ce qui est honnête est utile, et qu'il n'y a de véritablement utile que ce qui est honnête ; que le souverain bien est de vivre conformément à la nature, et que la nature de l'homme est de servir ses semblables ; que si quelqu'un pense qu'il n'est pas contre la nature humaine de nuire, il ôte l'humanité de la nature humaine'; que toutes les fois qu'on balance entre Futile et l'honnête, on est trompé par une fausse apparence d'utilité, parce que la vraie utilité est l'honnêteté même; que Romulus en tuant son frère, les Romains en détruisant Corinthe, les Athéniens en mutilant les mains des Égynètes, ont cru à tort servir leurs intérêts et qu'ils ont été punis de leur cruauté par la honte, l'infamie et le remords; que le vendeur qui cache les défauts de ce qu'il veut vendre, Canins qui fait accroire à Pythius que la maison qu'il lui cède est le centre de la pêche du pays, encourt le reproche de ruse, de fourberie, de malice, et qu'il ne peut être utile de recevoir de pareils noms ; qu'il ne faut pas se laisser éblouir par la grandeur apparente du bénéfice, comme Marias lorsqu'il supplante Métellus, parce qu'il n'y a rien d'assez précieux pour y sacrifier l'éclat du nom d'honnête honune. Cependant Cicéron veut que l'on pratique la vertu p>our ellemême et non à cause de son utilité, n démontre lldentité de l'honnête et de l'utile, comme une vérité philosophique et non

Page 1