Philos^ mor^insU compcnd., lib. II, cap. m
394 LIVRE SIXIÈME, SBCTlOlf DSUXltin.
Hume , encore plus inconséquent que Hutcheson , commence par adopter la thèse qui fait consister la vertu dans une affection et flnitpar Vabandonner d'une manière expresse, t Les anciens , dit-il , dans leurs raisonnements sur la morale « ont tenu peu de compte de Tinteryention de la volonté. Ds fegardaient comme fort douteuse la question de savoir si la verln peut être enseignée, et ils considéraient comme ridicules, mé« prisables et odieuses, lalâcheté, la bassesse, la légèreté, l'impatience, l'inquiétude, Textravagance et une infinité d'autres défauts, qui sont tout à fait indépendants de la volonté. H n'est pas plus au pouvoir de l'homme de se procurer la beauté de l'âme que celle du corps^ «» Il a de plus e^randi le champ du bien moral : il a regardé comme vertu non-seulement raffection de la bienveillance , mais toute qualité utile ou seulement agréable soit aux autres, soit même à celui qui la posisède*. IK, en effet, l'affection bienveillante est une vertu, comme cette affection est involontaire, on ne voit pas pourquoi toute qualité utile, ou seulement agréable aux autres ou à nous-mêmes, ne serai t pas aussi une vertu. Hume essaye de montrer que la même approbation s'attache à la tempérance, au courage, à ta eapaeitéy à Vhabileti^ au bon sens y à V esprit^ aux efmnaissunees, à la présence é^ esprit ^ à \ adresse ^ à \art de s'insinuer ^ parce que ces qualités nous sont utiles à nous-mêmes^, et il met au nombre des vices, et sur le même rang, la prodigalité, la vanité, les plaisirs déréglés, les projets chimériques, la précipitation, la légèreté, la crédulité, le défaut d'esprit ou le défaut de jugement*. «Chez les stoïciens, dit-il, comme chez Salomon et les autres moralistes orientaux, sagesse et folie sont synonymes de vertu et vice. Les hommes vous loueront, dît le prophète David, si vous travaillez à votre bonheur*. »
Hume comprend que, d'après ce système, on lui objectera que les biens de la fortune et les qualités du corps doivent exciter notre approbation morale, et il accepte cette consé-