‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 244 sur 318 · Ihid,, t. V, p · texte numérisé non relu

Ihid,, t. V, p

4. Ihid., t. V, p. 141, 146, 148, 154. 6. /bt(i., t, V^ p» 145*

LIS CONCiPnONS oc LA SICONDI PÀHTH DÏS COimAISSANCES. 396

quence : « La beauté d'une chose est le plus souvent, dit-il, le signe de son utilité ; les membres bien pris sont les plus propres à remplir leurs fonctions. Nous sommes naturellement portés à estimer l'homme riche, avant même de savoir s*il a de bonnes dispositions pour nous, ce qui prouve le désintéressement de cette estime. L'estime que nous avons pour la noblesse est Testime pour le descendant d'une longue suite d'ateux puissants et riches. C'est notre sympathie pour le bonheur d'autrui qui est la cause de notre estime pour Fhomme riche. Si le philosophe ne mesure pas son estime sur les richesses, mais sur le caractère, c'est qu'il sait que les preniières ont moins que le second dlnâuence sur le bonheur.... Après les qualités utiles à celui qui les possède, viennent les qualités qui lui sont purement agréables , et qui sont aussi & ce titre l'objet de l'approbation morale. Ces qualités sont : la gaieté, la grandeur d'âme, la dignité de caractère, l'indépendance , l'amitié , l'amour , le talent poétique , qui fait que la renommée de Virgile est de beaucoup supérieure à celle d'Auguste^» Enfin, Hume termine sa liste des vertus par les qualités qui sont purement agréables au spectateur , comme les égards, les attentions, la politesse, la bienséance, l'esprit, l'éloquence» le génie et le bon sens*. »

Nous n'avons pas besoin d'insister longtemps sur une doctrine qui place parmi les vertus la présence d'esprit, l'adresse, l'art de s'insinuer, la beauté, la richesse, la noblesse, la gaieté, la poésie et l'éloquence, et qui met au nombre des vices la crédulité et le défaut d'esprit. Quant à cette propo^ sition que les anciens doutaient que la vertu pût être enseignée, nous dirons, qu'en effet, Platon, dans te Ménon, a semblé conclure que la vertu ne peut ni se transmettre ni s'enseigner, mais il s!est réfuté lui-même dans le premier Alci" biadey où il donne au fils du roi de Perse quatre précepteurs dont chacun est chargé de lui enseigner une des quatre vertus. Socrate a toujours professé que la vertu était une science et

1. (Xluvr es philosophiques, t. V, p. 168, 178, 182, 103, 196^ 2« Ufid^, t. V, p. 200 et suiy.

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que le courage lui-même pouvait s'enseigner. « Les meilleurs naturels, disait-il, ont le plus besoin d'éducation, car leurs qualités poussées à l'excès peuvent dégénérer en défauts ^ »

Dans la question des principes de la morale , comme dans celle de la perception des sens , il semble que l'habile David Hume se soit imposé la t&che de tirer les conséquences de certaines théories philosophiques pour en montrer la futilité. D a fait voir que les systèmes admis sur les sens extérieurs conduisaient à l'idéalisme le plus absolu*; il montre id que la doctrine de la bienveillance aboutit à mettre au nombre des vertus la gaieté et le talent poétique; aussi laisse-t-il échapper des propositions qui renversent cette thèse. « De ce qu'un objet inanimé peut être utile, il ne s'ensuit pas, dit-il, que cet objet soit vertueux... Nous sommes heureux quand les circonstances sont conformes à notre tempérament, mais il y a plus de mérite à accommoder notre tempérament aux circonstances... Le courage, indépendamment de son utilité, qui est le fondement de l'estime qu'on en fait, tire encore plus de lustre de lui-même et de Tidée de grandeur qui s'y attache. Chaque trait de courage, représenté par le peintre ou par le poète, ofTre quelque chose de sublime, qui frappe le spectateur, qui excite son amour et qui lui inspire un semblable courage par une sorte de sympathie... Le courage indomptable et Topiniftlre fermeté de Charles XII ruinèrent son pays et lui-même : ces qualités ont pourtant un éclat et une grandeur que nous admirons... La tranquillité philosophique, que rien ne peut troubler, qui se met au-dessus de la douleur et des coups de la fortune, peut être mise, ainsi que le courage guerrier, au nombre des vertus. Le sage, avec la conscience de sa vertu, se retire dans le temple de la sagesse, du haut duquel il jette les yeux sur les mortels qui s'agitent à ses pieds^ pour courir après les richesses, les honneurs, la renommée et d'autres biens aussi frivoles. Cette conduite fait

1. Xénophon, Mémoires, liy. II, chap. vi, $ 39; liv. 111, chap. ix; liy. IV, chap. i*'. Banquet, chap. il.

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