Voy. plus haut, p
naître une idée de grandeur qui nous saisit d'admiration *. n Lorsque le philosophe remarque qu'un objet inanimé peut être utile sans être vertueux, il abandonne la théorie qui fait une vertu de la bienfaisance involontaire. Lorsqu'il dit qu'il y a plus de mérite à accommoder son tempérament aux circonstances que les circonstances à son tempérament, il reconnaît le pouvoir et le mérite de la volonté ; lorsqu'il parle de la grandeur et de Téclat que nous admirons dans le courage même funeste à celui qui le déploie, que veut-il dire, s'il ne fait pas consister cette grandeur et cet éclat dans la conformité de notre action avec le type moral qui est conçu par notre intelligence? Aussi Hume doute-t-il lui-même de la doctrine qu'il a développée, et a-t-il la bonne foi d'exprimer son doute en ces mots : « Lorsque je pense qu'on a déterminé et mesuré la grandeur et la figure de la terre, qu'on a trouvé la cause des marées, soumis les corps célestes à des lois constantes et calculé l'infini, et que cependant les hommes sont en dispute sur les fondements de leurs devoirs, cette bizarrerie me fait retomber dans la défiance, et je me demande comment, si l'hypothèse à laquelle je me suis arrêté est véritable, elle n'a pas été adoptée par le suffrage universel du genre humain*. »
S 3. La doctrine de la sympathie : Adam Smith.
Quelques-uns croient, par erreur, que la doctrine qui renferme la morale dans la bienveillance a été professée par Adam Smith. La théorie de cet auteur est fort différente de celle des deux philosophes précédents. Ce qui a pu causer ici la confusion, c'est le mot de sympathie employé par cet écrivain. En effet, ce mot signifie assez ordinairement le plaisir ou le déplaisir que nous causent le bonheur ou le malheur de nos semblables. Hais Adam Smith donne à ce terme un sens plus rapproché de Fétymologie et plus éloigné de Tusage ordinaire. Il entend par sympathie le pai*tage de la