XéDophoD. Mémoires, liv. III, chap. ix, $ S
3. Gorgias, édit. H. E., t. I«% p. 474 et suiv.; édlt. Tauch., t. UI, p. 43 et sulv.; W AleibiadeyéôïU H. E., t II, p. 115; édil. Tâucli., t. !V, p. n.
4. Gorgias, édir. H. E., 1. 1'^, p^ 507 ; édit. Tauch., (. lil, p. d).
guerre et qu'ils la font perdre aux jeunes gens. Sans défense contre les entreprises étrangères , au bout de peu d'années, eux-mêmes, leurs enfants et tout TÉtat passent insensiblement de la liberté à la servitude. D'un autre côté , ceux qui sont trop enclins au courage ne poussent-ils pas sans cesse l'État vers la guerre, à cause de leur passion excessive pour ce genre de vie? Ne font-ils pas à leur pays des ennemis nombreux et puissants, et n'arrivent-ils pas à perdre leur patrie ou à la rendre esclave des étrangers? 11 y a donc des parties de la vertu qui diffèrent beaucoup les unes des autres ^ » La modération et le courage sont donc deux vertus qui ne se ramènent pas Tune à Tautre. Celle-ci n'entraîne pas nécessairement celle-là ; et la conception morale nous commande de les pratiquer toutes les deux.
Socrate avait enseigné que les lois écrites sont précédées par les lois non écrites et qu'il y a une justice naturelle*. Antisthène voulant sans doute recommander à Tbomme de suivre cette inspiration naturelle , renferma toute la morale dans ce précepte : « Vivez conformément à la nature ^ >» Mais ce n'est pas seulement la conception de la tempérance et des autres vertus qui est dans la nature de l'homme, ce sont aussi les passions du corps et de l'amour de soi. Le Cynique a fait sortir de la maxime d'Âiitisthène la satisfaction publique et effrontée des besoins les plus grossiers. Il y a donc des parties de notre nature que nous devons préférer aux autres. Descartes a distingué ce qu'il appelle la lumière naturelle de ce qu'il nonmie les inclinations de la nature, et il nous conseille de nous tenir en garde contre les secondes et de nous abandonner entièrement à la première\ C'est déjà un progrès sur la morale d'Ântisthène, mais cela ne suffit pas encore; ce qu'on demande au moraliste , ce n'est pas qu'il nous donne sailement le conseil général et vague d'écouter la voix de la
1. lë PoHtiquê, édit. H. E., t. H, p. 106; édit. Tauch., t. IV, p. 278 et
suivantes.
2. 'Aypfliçoi v6{i.ot. ACxaiov c^^otu XénophoD, Méfnoires^Wy, IV, chap. nr.