‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 250 sur 318 · Voy. plus haut, p. 386 et · texte numérisé non relu

Voy. plus haut, p. 386 et

Ion les objets auxquels elles se rapportent sont : 1« la piété envers Dieu; 2'' la bienfaisance envers les hommes; 3* la culture de sol-même dans la vue de se rendre plus propre aux deux premières vertus. Aristote s*est trompé en plaçant la vertu dans le milieu entre les excès : la piété et l'amour des hommes ne peuvent, avoir d'excès^ >»

Dans notre opinion, la bienfaisance volontaire est la première des vertus, mais elle n*est pas la seule. Le malade qui lutte au lit de la mort contre la douleur nous parait déployer une vertu , bien que la société ne retire aucune utilité de ce courage. Hutcheson avoue lui-même que les Anglais avaient moins d'estime pour les artisans français qui, chassés de leur pays par la révocation de l'édit de Nantes, vinrent enrichir FAngleterre de leur industrie, que pour les Hollandais qui, sous le poids d'une oppression religieuse , surent conquérir leur indépendance et former une industrieuse république, redoutable rivale des nations voisines '• Le courage, comme la tempérance, est donc loué pour lui-même et non pour l'utilité que la société en retire. Lorsque nous considérons que le courage et la tempérance peuvent avoir quelque efficacité pour le service deshommas, elles prennent plus d'importance ; mais envisagées en elles-mêmes, elles sont déjà des vertus. Elles peuvent être aussi pratiquées dans la vue de plaire à Dieu , mais il faut qu'elles soient méritoires par elles-mêmes, pour que la piété les exige et que Dieu se plaise à leur spectacle. Elles sont des vertus au même titre que la bienfaisance et la piété, en tant qu'elles sont les traits de la figure morale que conçoit notre intelligence.

Aristote disait que le courage est à une égale distance de la témérité et de la lâcheté; que la tempérance est un milieu entre l'abstinence et la gourmandise. Le philosophe écossais ne veut pas qu'aucune vertu soit regardée conune un juste milieu entre deux extrêmes , et il afflrme qu'il ne peut y

1 . Recherche sur Vorigine de nos idées de beauté et de vertu. Traité II, sect. Il, S 1 ; sect. m, § iO,^ Philosophiœ moralis institutio compêndiaria, lib. I, cap. ui, SS 3 et 4 } cap. ti, % 1.

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