‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 260 sur 318 · OEuvres complètes^ traduct. de BL Jouffroy, tt H, p. %\Q · texte numérisé non relu

OEuvres complètes^ traduct. de BL Jouffroy, tt H, p. %\Q

Par exemple , l'expérience montre q^ue la chaleur fond les solides et vaporise les liquides; quand un corps, est liquéfié par la chaleur, si la chaleur augmente, nous nous attendons à le voir se vaporiser et non retourner à Tétat solide : mais le soufre liquéfié , s'il subit une augmentation de chaleur, se solidifie de nouveau , avant de passer à l'état de vapeur. Nous nous étonnons de cette marche rebelle à la loi que suivent les autres corps; nous disons que nous ne la comprenons pas , et cependant , si elle était générale , elle ne nous paraîtrait pas plus obscure que l'autre. Pour durcir l'acier, on le fait rougir et on le trempe ainsi rougi dans l'eau froide ; si Ton fait subir la même opération à l'alliage métalUque qui forme les cymbales, on l'amolUt au lieu de le durcir. Ces deux phénomènes contraires blessent notre induction ; nous expliquons le premier en le rangeant sous cette loi générale que le froid condense les corps; le second, ne pouvant être rapporté à aucun autre phénomène que lui , est considéré jusqu'à présent comme inexplicable. Mais nous nous attendons fermement que quelque jour on trouvera des phénomènes semblables à celui-ci et qu'il rentrera dans quelque loi générale.

En effet, nous devons admirer comme une harmonie manifeste de cet univers, que la nature trompe bien rarement cette divination de notre esprit. Plusieurs découvertes importantes ont été dues à ce pressentiment de la constance de la nature. On voit dans la vie de Linnée que ce grand homme fit plusieurs fois appel à celte vertu de la nature et qu'elle répondit toujours à ses vœux. Avant lui, par exemple, on se contentait d'entretenir les plantes tropicales dans les serres chaudes, avec une température toujours égale et un arrosement régulier. Linnée pensa qu'il fallait placer ces plantes dans les circonstances qui les entourent sur leur sol natal , et reproduire pour elles les longues sécheresses et les longues et abondantes pluies qui marquent les saisons des régions tropicales. C'est ainsi qu'il fit fleurir le bananier et plusieurs autres plantes, qui n'avaient jamais fourni leur entier développement en Europe *.

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