JDem. AnalyU, liv. I«, chap. xxxiii, § 1 et
par là de la croyance qui conçoiUla possibilité qiie son objet ne soit pas; si l'on ajoute que les sens extérieurs et la conscience nous donnent des perceptions comme Tintuition pure elle-même, on accordera que, dans celle acception la connaissance ou la science ne s'applique qu'aux choses nécessaires , c'est-à-dire aux choses qui ne peuvent pas ne pas être au moment où elles sont connues ; on accordera de même qu'il ne peut pas y avoir de science des objets de la croyance , puisqu'on conçoit toujours que ceux-ci pourraient être autrement qu'ils ne sont. Ainsi, pour reprendre un exemple que nous avons déjà cité : le mouvement des corps les uns vers les autres est un objet de connaissance ou de science , car il est impossible que les corps ne se meuvent pas quand nous les voyons se mouvoir, et qu'ils ne se meuvent pas de la façon que nous les voyons se mouvoir : nos sens ne nous trompent jamais , comme nous l'avons montré^; mais la cause du mouvement des corps ne sera toujours pour l'homme , dans ce monde , qu'un objet de croyance et non de science, car elle ne tombera jamais sous sa perception. Ainsi la connaissance affirme qu'il est impossible que la chose ne soit pas au moment où on la perçoit; la croyance, tout en nous persuadant de l'existence d'un objet, n'affirme pas que le contraire soit impossible. Dans le passage précédent Aristote n'entend pas par nécessaire ce qui existe de toute éternité , ce qui n'a pas de limite dans le temps et dans l'espace, en un mot l'infini , mais une chose qui ne peut ne pas être au moment où elle est perçue. En ce sens il ne fait pas difficulté d'affirmer que l'objet de la sensation est nécessaire, c'est-à-dire qu'il faut que cet objet existe pour qu'il y ait sensation •.
Parmi les philosophes modernes. Bacon, avant tous les autres et plus que tous les autres, porta son étude sur l'induction. D s'aperçut que la déduction ne servait qu'à développer les propositions générales, qu'à retirer d'une maxime ce qu'on y avait mis; qu'elle avait sa véritable place dans l'ensei-