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de voir la liaison constante de ces deux phénomènes. Aussi riiabile métaphysicien se trouve-t-il bientôt entraîné à substituer au mot d'habitude un autre terme beaucoup plus juste. « Ce sont là, dit-il, des espèces d'instincts naturels, qu'aucune suite de pensées, qu'aucun raisonnement ne saurait produire ni réprimer*. • Si la croyance h la stabilité de la nature est un instinct naturel, elle n'est donc pas une habitude. Hume rencontre tout à fait la vérité dans le passage suivant : « A quoi tient donc la différence de la croyance et de la Action? Ce n'est pas à une simple conception de plus, car si la croyance n'était qu'une simple conception, l'imagination qui est libre pourrait joindre cette conception aux autres. L'àme peut joindre l'idée d'une tôte humaine à l'idée du corps d'un cheval, mais elle n'est pas libre de croire à l'existence réelle d'un pareil accouplement. Ce qui distingue la fiction de la croyance, doit être quelque sentiment inséparable de la seconde et incommunicable à la première. Ce sentiment ne se produit pas à notre volonté, il vient de la nature comme tous les autres. Je puis avoir deux conceptions contraires sur le mouvement d'une bille, mais il en est une que je crois par l'adjonction de ce sentiment involontaire. Il serait tout aussi impossible de définir ce sentiment que le froid ou le chaud, ou la colère. Le vrai et propre nom de ce sentiment est croyance*. »
Hume avait trouvé la vraie solution. Il avait montré que l'attente des événements à venir se distingue des simples conceptions; il avait montré qu'elle était le fruit d'un sentiment ou d'une faculté particulière qu'il appelait de son vrai nom, la croyance. Comment se fait-il que comparant ensuite cette croyance avec la simple conception, il n'ait vu entre elles qu'une différence de degré et non une différence de nature. «La croyance, dit-il, n'est qu'une conception plus vive, plus animée, plus ferme, plus stable que la conception de la pure imagination. J'entends la voix d'une personne, je