Voy. plus haut, 1. 1", p
drait attacher tel ou te) signe , et cependant nos sentiments sont exprimés par le langage naturel et interprétés des autres hommes , quoique aucune convention n'ait pu leur attribuer les signes qui les expriment. Il y a donc des signes expressifs qui ne sont pas Tefifet de notre volonté.
$ 4. Description des signes naturels.
L'interprétation est, comme Tinduction, une des preuves les plus frappantes des harmonies de ce monde. Par Tune comme par Fautre nous devinons les choses qui nous sont cachées, et la réalité docile répond à notre prévision. Les signes expressifs sont partout les mêmes. En traitant du beau sensible et de la conception idéale , nous avons déjà eu Toccasion de remarquer que les formes, les sons et les couleurs ont leur signification naturelle*. Par les couleurs on exprime la joie ou la tristesse; par les formes, la stabilité, la force ou la grâce; par les sons, la bienveillance, lés caresses, la haine et les menaces. La nature extérieure est pour nous comme un livre ouvert où nous lisons des expressions différentes. La verdure est l'emblème de la paix et de la gaieté. « Lors de Texploration de la Nouvelle^Galle méridionale, les naturels montraient les dispositions les plus amicales ; la curiosité l'emportait sur leur frayeur : ils avançaient un à un porlant Vemhlème universel de paix^ une branche verte; quelquefois ils se glissaient d'arbre en arbre 3,\ec des gestes suppliants, et des exclamations plaintives, et finissaient par former un cercle autour des nouveaux venus*. » Les couleurs sombres expriment par toute la terre la douleur et le deuil. Si quelques peuples prennent des vêtements de couleur blanche dans les cérémonies funèbres , c'est qu'ils regardent la mort connue une délivrance.
Platon avait bien compris le caractère expressif de la musique. « Lorsque les enfants, dit-il, ont peine à s'endormir, les mères les bercent dans leurs bras et leur chantent quelque mélodie, de même que l'on guérit les frénétiques par le con-
1. Voy. plus haut, t. !•', p. 234 et suiv. , el 1. 11, p. 284, 288 et 297.