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Découvertes aux régions arctiques, par le capitaine Ros

nement ou de Tobjet auquel ces gestes se rapportent ; son domaine est plus étendu : l'expression des idées morales et abstraites, de toutes les affections de Tâme est de son ressort... Les faits qu'il retrace n'ont pas besoin d'être connus d'avance pour être compris... Le langage établi par les sourds-muets réunis en société ( il ne s'agit pas ici de signes méthodiques institués par un professeur) suffit pleinement aux besoins de l'enseignement ; il offre des signes très-naturels pour exprimer les rapports de nombre, de temps, de lieu, etc.. et ces moyens n'exigent pas un grand travail, puisque l'élève les acquiert sans l'aide de son professeur , par ses seuls rapports avec ses camarades. Lorsque M. Morel a visité l'institution de Colmar, il a pu, en conversant avec trois élèves, se convaincre que leurs signes sont les mêmes qu'à l'institution de Paris ; ce langage, à la vérité, est plus grossier, parce qu'il n'a pas encore été élaboré par une suite de générations ; mais il se perfectionnera et deviendra plus elliptique à mesure que l'école s'agrandira et comptera un plus grand nombre d'années d'existence. Aucun professeur de taris ne se sert des signes méthodiques inventés par l'abbé Sicard, mais bien des gestes naturels, du langage d'action des sourds-muets. Les procédés employés pour l'instruction des sourds-muets sont partout à peu près les mêmes : le premier moyen de communication entre le maître et l'élève est le dessin et les gestes naturels. Ce langage qui est propre au sourd -muet sert partout d'intermédiaire dans la suite de l'éducation pour l'intelligence de la langue écrite*. >»

§ 5. Les sons articulés font partie des signes naturels.

Tous les exemples que nous venons de recueillir et surtout les derniers prouvent donc que l'homme est doué d'une faculté d'interprétation en vertu de laquelle certains phénomènes physiques lui suggèrent l'idée de certains sentiments et de certaines pensées, et de plus lui font croire que ces

1. Troisième circulaire de V Institut royal des sourds-muets. Septembre 1832. Imprimerie royale, p. 33, 34, 58, 68 et 70.

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sentiments et ces pensées se trouvent actuellement dans Tesprit de ceux qui usent de ces signes avec ou sans le concours de la volonté. Ces signes naturels sont certains mouvements que Tâme opère dans notre corps par Tentremise de la faculté motrice dont elle dispose, tels que les mouvements des traits du visage, de la tête, des membres et même de tout le corps et les sons de la voix *. On ne range ordinairement parmi les signes naturels que les softs inarticulés; nous pensons que les sons articulés font aussi partie des signes naturels, c'est-à-dire de ceux que l'âme produit par la faculté motrice sous l'influence de certains sentiments ou de certaines pensées, et auxquels s'applique naturellement la faculté d'interprétation.

Pour distinguer les signes en naturels et artificiels, on allègue ordinairement que les premiers sont les mêmes sur toute la terre, et que les seconds diffèrent suivant les pays. Le langage de la physionomie , du geste et des sons inar^ ticulés est donc regardé comme naturel ; le langage articulé ou la parole est considéré comme artificiel , comme l'objet d'un choix, d'une invention ou d'une convention. Mais il faut distinguer d'abord l'emploi de l'articulation en général de remploi de telle ou telle articulation. La manière de grouper les articulations pour former les mots diffère de pays en pays; mais l'emploi de l'articulation comme signe de la pensée est universel sur la terre. D'après le principe qu'on a posé pour la distinction des signes naturels et des signes artificiels , il aurait fallu au moins ranger parmi les premiers l'articulation en général, puisque tous les peuples , les plus anciens et les plus modernes, les plus barbares et les plus cultivés, emploient l'articulation comme signe de la pensée et par conséquent l'interprètent. Nous verrons tout à l'heure à quoi se réduit la différence des articulations ; insistons d'abord sur ce point que les hommes sont naturellement portés à regarder l'articulation comme une expression de la pensée et du sentiment. On suppose que les peuples voulant augmenter leurs instru-

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