‹ Traité des facultés de l'ame (volume 2)Chapitre 283 sur 318 · Étude du cours de la vie; V* édition, l. II, p · texte numérisé non relu

Étude du cours de la vie; V* édition, l. II, p

el chaque objet, il les appliquera très-exactement ; sUl voit un objet nouveau , il lui donnera le nom de l'objet qui lui ressemble le plus parmi ceux dont il connaît déjà les noms , jusqu'à ce que vous lui ayez donné un mot particulier; mais il faut qu'il nomme. C'est surtout aux idées des choses abs^ traites, des phénomènes intérieurs et des objets de l'intuition pure extérieure que nous sentons le besoin d'attacher de» noms. Ces idées sont fugitives, elles ne se montrent que pendant de courts instants ; et si on ne les revêt pas d'un nom au moment où elles sont présentes à l'esprit, elles s'échappent et ne reviennent qu'à de rares intervalles, pour s'échapper soudainement encore. Mais quand nous les avons, pour ainsi dire , clouées à un mot , ce mot reste dans notre esprit et il y fait demeurer Tidée. Condillac a un peu exagéré le pouvoir des noms , en disant que la mémoire ne se forme que quand on a attaché ses idées à des mots^ ; mais il a marqué avec raison Timporiance des noms pour fixer l'idée du nombre , celle de la substance, celle de la loi , celle de la vertu et du vice •.

En considérant que le langage articulé existe chez tous les peuples , même chez les plus barbares , qu'on n'aperçoit aucune trace d'essais qui auraient eu pour but d'employer d'autres moyens de communication, que l'articulation n'est qu'une nuance du langage inarticulé et pour ainsi dire une physionomie plus prononcée, que les enfants produisent instinctivement des articulations , font une attention particulière à celles qu'ils entendent , et les retiennent et les répètent avec une étonnante facilité, que la parfaite convenance de la langue à la communication des hommes dénote une intention de la nature , que l'idiot dépourvu de tout raisonnement se fait un langage articulé , que le sourd-muet lui-même , obéissant à la force de l'instinct, produit des articulations, que nous éprouvons le besoin d'imposer des noms , et que nos pensées les plus importantes ne se fixent que par le secours

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