Ibid., p
rémotion agréable ou désagréable ? Reid nous autorise à le croire quand il dit : « Quelquefois la sensation est si violente qu'elle cause une vive douleur, comme quand un homme s'est heurté violemment la tête contre une colonne ^ » Mais il se contredit en ajoutant ailleurs : *« Quelques sensations sont désagréables, d'autres agréables à différents degrés, mais beaucoup sont indifférentes,.. Les sensations indifférentes sont les plus nombreuses*. » La sensation n'est donc pas Témotion agréable ou désagréable. Mais une sensation qui n'est ni l'impression, ni la perception, ni l'émotion, que peut-elle être ? Nous verrons plus loin que dans le bon usage de la langue française on appelle sensation ce je ne sais quoi que nous éprouvons dans l'organe du toucher, du goût et de l'odorat, qui nous avertit de la partie de notre corps où a lieu soit la perception, soit l'affection, et que nous ne sentons pas d'ordinaire dans l'organe de la vue et de rouief Thomas Reid donne-t-il le nom de sensation à cet avertissement que nous sentons dans une partie déterminée de notre corps? Non, il s'y refuse formellement. « On ne peut pas plus, dit-il, attribuer de place à la sensation qu'à la joie ou à la tristesse'. La sensation, poursuit-il, est un signe à propos duquel l'esprit perçoit les qualités des corps \ » Nous avouons qu'il nous est absolument impossible de comprendre ce que c'est que ce signe , qui n'est ni l'impression organique, ni l'émotion agréable ou désagréable, ni la perception, ni le sentiment de la partie déterminée de notre corps qui sert d'organe soit à la perception, soit à l'émotion.
Nous venons de voir que Platon et Descaries distinguaient l'impression organique d'avec le phénomène intellectuel qui en est la suite , mais que dans ce phénomène ils ne discernaient pas suffisamment la connaissance ou la perception d'avec le plaisir ou la peine. Nous avons remarqué que les autres philosophes avaient employé à peu près comme synonymes
1. Critique de la philosophie de Th. Reid^ p. 11. 3. Ibid., p. 12 et 13.