Ihid., p. 13 et
58 UVRK^iiliM, Èltttm JPàiiiiiitÉ.
lés mots de pettf^tiM, de plMlli" et dé peiné, A'impmHm et dé seHitithn. Ceft lâots felpriment M^^daiit dé» f^héiiMitoil tt^è^sliitittelil Qui tt« 8*ài!ieôtn{iagtiètlt paè tôUjôUfs' Kl Util tel àutrei».
V La perception peut éDil^er àam rafTéetiôM 6trèéiblé «Il désagréable. La perception de retendue tangible n*ènti*aUlê pas nécessairement un plaisir oU une peiné. I^insiétik^ ttôU^ leurs péuvetit passer sônii nos yeux, en nous laissant dans uni complète indifférence, oU bien en nous causant un plaiMf semblable , quoique la perception soit différente. Bien pldii une perception peut exciter une affection qui , d'abord VLJgtêà*^ ble, finisse par devenir pénible, quoique la perception ne changé paà. Le voyageur qui, le matin, TOit là Campagne éôU* Verte dé neige , ressent le plaisir que donne d'abord Cé SpêiS tacle ; mais , à mesure quil avance dans sa route , cette btân«> cheur ébloutl^sante fatigué ses yeux , et lé plaisir sé changé W peine, sans que la perceplton ait changé. L*oreille sàiéit déè tons qbt ne lui causent ni peine ni plaisir; dés articulatiùM et des intonations diverses peuvent se suivre ëans que Vétûû^ tlon varie. On cité une personne qui assignait sans hésiter la place d'un son dans Téchellé diatonique , et qui était trèS'^ indifférente aux chefs-d'oêuvré de la musique ^ Cet exemple est bien propre à corriger Terreur de ceux qui ne voient ddûfc la pérééption du 6on qu*un plaisir ôU une peiné , et non utiè connaissance.
Lé chaud et le tTotd, Todéur et la savenr sont, plus cônstàtth ment que les autres objets de la perception, âdcompagttéii d*une peiné ou dW plaisir. Cependant, on y peut distinguer encore la perception et Témotlon. Lorsqu'à l'aide dé la mâln le chimiste éompare la température naturelle deé dlffëréntÈ corps, lorsqu'il exploré Todeur et la saveur des différente métaux , sa perception est plus distincte que son plaisir ou sa peine. H sait que la température naturelle du bôià n*est pâ^ celle du fer ; que Todeur et la saveur du plomb ne sont pas
i. M. de Stendhal, Vie de Rossini, 2* édit., p. 393,
LES PERCEPTIONS OU LA r&fiMlÉftk PAÀtlft Dtd ÉONNAISSANCKS. 66
célleé du êuivrël mois âôUVëât il lia pas l'eiiiÀrque laquelle de ces péh^tiôtts lui câMë le phïi de peitte ÔU dé plaisir^ Ajoutôiisf)ttê, i\ là pèfcéptiôtt de là tempéïTàtare, dé Todeuf et de là sateut* change de degrés, (luelqUefbts raffectioti change, non de degré , knahi de nature. Une faible chaleur, Une douce fraîcheur cauêe du plaisir ', ^l le chaud ou le froid augmente à un très'-haUt degré, le plaisir, au lieu d'augmenter^ se changé en peine. Il en est de tnéme pour Tôdeur et là sayeur. t)onc la perception n*est pas ratféclion agréable ou désagréable.
2'' Si la perception existe sans Taffection, de son calé l'affec* tion peut exister sans la perception. Un coup violent nous cause une vive douleur et une perception obscure. La douleur de tête ne nom donne la connaissance d*aUcunë fbrrne , d'aucune étendue. Cné lumière vive blessé noé yeux et ne noUâ laisse pas percevoir sa nuancé. L*extrêmô froid et rextrême chaud Causent une telle douleur, qu'ils ne se distinguent pas Tun de l*âUtre Comme objets de perception. Les odeurs ou lëâ saveuni àcTes et piquantes produisent une même douleur quoiqu'elles diffèrent probablement puisqu'elles émanent de corps diJSérents. toutes les vives émotions Càusèéâ , soit par les objets du toucher, âoit par les objetâ de la vue et des autres sens , se confondraient les unes avec les autres, en tant que plaisirs ôU peines, Hi elles n*affectalènt delà parties différentes de notre corps, tl n*ên est pas ainsi dès Objets de la perception : même lorsqulls affectent un seul organe, ils n^én sml pas moins distingués les uns des autres. C'est ainsi que là langue perçoit en même temps, dans les alimenta, là saVeur, la température , la môUèssé oU là Solidité , sans confondre ces Objets. En conclusion, là perception et Tàffection agréable ou désagréable pouvant exister Vune s&Us Tautre , doivent être distinguées dans rexércice dès sens eltérieurs.
3** Distinguons maintenant la perception et raffectioû d'avec l'impression exercée par Tobjet extérieur sur Torgane. Nous ne connaissons les olgets extérieurs qu'à l'aide de notre corps : la perte d'une partie de ce corps entraîne I^ perte d'une classe de perceptions. Il est probable que l'Objet exté-
rieur exerce une action ou impression quelconque sur notre corps, qui devient ainsi rinstrument ou l'organe de la perception et de l'affection. L'impression se passe dans le corps, la perception et l'affection ont lieu dans l'âme. C'est moi qui perçois , c'est moi qui suis ému : je connais directement par la conscience celte perception et cette émotion ; je sais qu'elles appartiennent à l'être que je désigne par le mot moi. Quant à l'impression, je ne fais que la supposer; je ne la connais pas par la simple connaissance que j'ai de moi-même, et je ne puis en indiquer la naturel
Cette impression est donc un phénomène très-différent de la perception et de l'affection, et quelques philosophes ont eu le tort de ne pas assez les distinguer. En effet, si l'on suppose que dans notre condition actuelle la perception et l'affection dépendent de l'impression, il faut admettre que souvent l'impression a lieu sans que la perception ou l'affection s'ensuive. Lorsque notre âme est fortement occupée, il arrive qu'elle n'entend pas les sons qui frappent notre oreille, ou qu'elle ne voit pas les couleurs qui s'offrent à nos yeux. Nous avons parlé d'Ârchimède qui fut tué au sac de Syracuse, parce que, plongé dans la méditation, il n'entendit pas la voix du soldat romain qui lui demandait son nom et qui avait ordre de ^épargner^ Dans cet exemple et dans ceux qui lui sont analogues , l'impression organique a dû se passer comme à l'ordinaire, puisque les circonstances physiques et physiologiques n'étaient pas changées, et cependant la perception n'a pas eu lieu. L'affection ellemême ne suit pas toujours l'impression organique. Le soldat, dans Tardeur de la mêlée, reçoit souvent une blessure dont il ne s'aperçoit pas sur-le-champ. S'il eût reçu le même coup en le prévoyant, il en aurait éprouvé une vive douleur. L'impression organique eût cependant été la même dans les deux cas. Il ne faut donc pas confondre la perception, l'affection et l'impression organique , puisque ces phénomènes peuvent se séparer.
1. Voy.surle siège de ceUe impression, la Psychologie et la Phrénologiê comparées, par Ad. Gamier , p. 129-139.